La Fédération générale de l'agroalimentaire CFDT vient de jeter un pavé dans la mare. Alors que l'industrie agroalimentaire est, de longue date, créatrice d'emplois, les représentants du syndicat redoutent de voir la pente s'inverser, disent-ils. Et de pointer du doigt les secteurs ou entreprises dont l'évolution les préoccupe, et au premier chef le secteur de la volaille. Ils se veulent même plus réalistes que les chefs d'entreprises eux-mêmes, allant jusqu'à qualifier d'« utopique », l'affirmation du groupe Doux de reclasser l'ensemble des personnels concernés par sa restructuration.
Et sans doute ont-ils raison. Les Français, c'est bien connu, n'apprécient guère une mobilité forcée, et à plus forte raison, lorsque leurs salaires avoisinent le salaire minimum. Sans compter l'impact psychologique de telles mesures qui, selon une expertise réalisée à la demande du Comité d'hygiène et de sécurité du travail de LU auprès d'anciens salariés de Ris-Orangis, sont vécues difficilement.
Il est tout de même des signes d'espoir. Nombreux sont aujourd'hui les cadres d'entreprises, ou les investisseurs, prêts à tenter l'aventure du rachat à de grands groupes en recentrage, d'un fonds de commerce, d'usines en général bien entretenues et de marques ancrées dans l'imaginaire des consommateurs, à l'instar de Mont Blanc, ou de Banania. Certes, ils ne sont pas assurés de la réussite, mais leur engagement personnel est souvent à la hauteur de la montagne à soulever. La CFDT se montre-t-elle pessimiste ? Devant les réorganisations annoncées dans nombre de secteurs, il est de son rôle de tirer la sonnette d'alarme et de jouer les agitateurs.