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Coopérative/Résultats Agrial franchit le cap des 2 milliards d’euros

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Le groupe coopératif Agrial a franchi la barre des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009, grâce à la fusion avec la coopérative Union Set et des opérations de croissance externe dans le domaine agroalimentaire et malgré un effet prix très défavorable. Ces changements de périmètre ont permis à Agrial d’atteindre son objectif d’équilibrer la part de la coopérative et des autres activités, dont l’agroalimentaire, à environ 50 % du chiffre d’affaires chacune. Le groupe prévoit une « petite année 2010 ».

Agrial a réalisé un chiffre d’affaires de 2,171 milliards d’euros en 2009, en progression de 13,7 % par rapport à l’exercice précédent. Un cap a été franchi par le groupe coopératif, grâce à la fusion avec Union Set, effective au 1er janvier 2009 et des opérations de croissance externe dans le domaine de l’agroalimentaire (rachat de Tallo Verde en Espagne fin 2008 et de Salads To Go en Grande Bretagne pour Florette, prise de contrôle de Créaline pour la branche légumes, reprise de l’activité cidricole Val de Vire – Dujardin). Grâce à ces opérations, le chiffre d’affaires de la coopérative (1,157 milliard d’euros) pèse désormais à peu près le même poids que celui des autres activités, à savoir l’agroalimentaire (881 millions d’euros, + 3 % par rapport à 2008), la distribution (100 millions d’euros) et le machinisme (80 millions d’euros). Le détail de l’agroalimentaire se répartit comme suit : 600 millions d’euros pour les légumes 1er et 4e gamme (+2,4 %), 164 millions d’euros pour la volaille (+ 11 %) et 140 millions d’euros pour les boissons (stable du fait de la LME). « Nous avons observé une grande stabilité au niveau de ces trois branches. Les acquisitions ont eu peu d’impact en 2009, nous espérons en voir les effets en 2010 », commente Ludovic Spiers, directeur général.

Un marché morose
L’année 2009 s’est avérée difficile pour le groupe coopératif, du fait de la crise laitière et l’érosion du prix des céréales notamment. « La croissance organique est positive, tant en volume qu’en chiffre d’affaires. Mais l’effet de la déflation atteint 200 millions d’euros au niveau du groupe. C’est considérable, nous n’avions jamais vu ça. »
Dans ce contexte, les investissements ont été très prudents. 54,6 millions d’euros ont été investis (acquisitions comprises), dont 55 % pour l’agroalimentaire. En 2010, le budget prévu est de 60 millions d’euros, « toujours raisonnable, commente Ludovic Spiers, sauf opportunité de croissance externe majeure ».

Equilibre entre amont et aval
L’intégration d’Union Set a fait passer le nombre d’adhérents de 7 000 à 10 000, sans aucun départ lié à la fusion, ce dont se félicite Agrial, dont la stratégie consiste à équilibrer les différentes activités du groupe. « Une des caractéristiques d’Agrial est cet équilibre entre l’amont et l’aval. Les différentes activités ont le même niveau de rentabilité au prorata de leur chiffre d’affaires », explique Ludovic Spiers. En 2009, l’excédent brut d’exploitation a reculé de 4 %, à 84,9 millions d’euros, mais le résultat net a progressé de 14 %, à 32,7 millions d’euros. Le groupe, qui a engagé des programmes de réduction de charges conséquents entend continuer ce travail. Il ne prévoit pas de modification de périmètre majeure, mais souhaite augmenter la productivité de certains sites, optimiser ses process et sa gestion de flux. « Ça va assez loin. Nous avons revu la supply chain des légumes jusque dans le champ. L’ordre d’arrachage est donné en fonction des ventes en GMS. »

Perspectives 2010
Pour 2010, Ludovic Spiers s’attend à une « petite année ». « Le premier trimestre n’a pas été bon, à cause du climat et de la conjoncture économique. L’agroalimentaire est très poussif. Nous pensons que cela va repartir, mais nous ne rattraperons pas les premiers mois. » 2010 pourrait également être l’année de la fusion avec la coopérative Elle-et-Vire (1), qui, comme, Agrial, fournit CLE Bongrain. La proposition doit être soumise à l’assemblée générale du mois de juin. Avec cette opération, la collecte de lait d’Agrial passerait de 500 millions de lait à 900 millions de lait, grâce à 3 000 apporteurs de lait (soit environ 1 300 de plus). Agrial deviendrait alors le principal fournisseur de CLE Bongrain. Le groupe estime que la part de ses approvisionnements dépasserait 50 %.

(1) A ne pas confondre avec la marque Elle-et-Vire qui appartient à Bongrain. Cf Agra alimentation n°2084 du 12 novembre 2009 p. 26

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