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Boisson/Acquisition Agrial va acquérir l’activité cidricole de Val-de-Vire

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Agrial est en pourparlers pour acquérir les activités boissons de Val-de-Vire, filiale de la coopérative Elle-et-Vire. L’acquisition, qui devrait être finalisée au milieu de l’année, permettra à Agrial de regrouper l’activité cidricole de Val-de-Vire avec sa filiale Guillet (cidre Kérisac). Cette acquisition sera sans doute la seule pour le pôle boisson d’Agrial cette année, qui souhaite rester prudent face à la conjoncture et aux difficultés du cidre, liées notamment à la hausse du prix du verre.

La coopérative Elle-et-Vire est actuellement en discussion pour céder au groupe Agrial l’activité cidricole de sa filiale Val-de-Vire, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros l’an passé avec son activité cidre. Agrial détiendrait alors deux unités de production à Condé-sur-Vire (Manche), et Cahagnes (Calvados), qui emploient un total de 63 salariés. « Nous avons pour le moment un accord de principe. Si tout se passe bien, l’acquisition devrait être finalisée au milieu de l’année », nous confirme Jean-Marie Meulle, directeur général d’Agrial. Cette opération ne concerne pas les activités ingrédients et engrais de Val-de-Vire, qui restent la propriété d’Elle-et-Vire. « Val-de-Vire n’est pas à l’équilibre et il va être difficile de lui permettre de retrouver sa rentabilité », souligne Jean-Marie Meulle. « Nous avons souhaité faire cette acquisition pour regrouper l’activité cidricole de Val-de-Vire avec notre filiale Guillet pour ainsi créer un pôle autonome et bâtir des synergies entre Guillet et Val-de-Vire », ajoute-t-il, en précisant qu’il n’y a pas de crainte à avoir concernant les emplois, même si des ajustements à la marge pourraient être effectués à l’avenir. Cette acquisition devrait permettre à Agrial de couvrir environ 85 % du marché cidricole français.

Un positionnement différent

Val-de-Vire a quelques marques régionales comme Dujardin, Mont Saint-Michel et Dar Armor, mais travaille en grande majorité pour les MDD, un positionnement différent de celui d’Agrial, qui souhaite avant tout développer ses marques Ecusson et Loïc Raison. Leurs volumes sont restés stables l’année dernière malgré la conjoncture. Elles ont par contre connu des difficultés dues à la hausse du prix du verre, de 15 % en 2007, puis de 20 % en 2008. « Le verre représente 50 % du prix global, nous avons donc dû diminuer nos marges », regrette le directeur général d’Agrial.

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Rester prudent

Le pôle boisson d’Agrial a tout de même progressé de 16,2 % à 149 millions d’euros de chiffre d’affaires, en profitant des ventes de Danao. Le groupe a en effet réalisé l’année dernière 25 millions d’euros de chiffre d’affaires sous sa filiale JFD, qui fabrique les jus frais lactés Danao et s’est également occupé de l’activité jus de Florette avant son arrêt. « Nous n’avons pas réussi à développer le segment des jus de fruits de légumes de Florette. Nous n’avons pas conquis la faveur des consommateurs, cela arrive parfois quand on essaye d’innover », explique Jean-Marie Meulle. Agrial ne prévoit donc pas, à court terme, de continuer à diversifier son activité boisson. Globalement, le groupe va rester prudent cette année, tant sur le plan des investissements que de la croissance externe, et ne va investir que 45 millions d’euros dans son outil industriel, contre un total de 80 millions l’année dernière. « La conjoncture nous oblige à avoir une attitude très prudente même si l’agroalimentaire est moins touché. La consommation change beaucoup, il faut déterminer si ces évolutions sont seulement conjoncturelles ou structurelles. Nous attendons de voir comment la situation va évoluer avant de nous lancer dans de nouveaux projets », conclut Jean-Marie Meulle.