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Agriculteurs en difficulté : les critères des aides économiques assouplis

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Attendus depuis des mois par la profession, les textes réglementaires sur l’aide à l’audit et l’aide à la relance de l’exploitation agricole sont parus au Journal officiel. Comme promis par l’ex-ministre Julien Denormandie, les critères de taux d’endettement, de soutien de l’État et de contribution aux coûts de restructuration sont assouplis.

Un décret et un arrêté relatifs à l’accompagnement économique des agriculteurs en difficulté sont parus le 6 août au Journal officiel (JO). Les deux textes simplifient et précisent les modalités d’octroi de l’aide à l’audit et de l’aide à la relance de l’exploitation agricole (Area). Ils s’inscrivent dans le cadre de la feuille de route interministérielle visant à lutter contre le mal-être en agriculture, présentée le 23 novembre.

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Le décret abaisse le critère du taux d’endettement minimal de 70 % à 50 % pour bénéficier de l’aide à l’audit. Cette mesure avait été annoncée par le cabinet du ministre de l’Agriculture à la presse, le 22 novembre. Le montant de cette aide publique est plafonné à 1 500 euros, précise l’arrêté. Auparavant, l’aide était plafonnée à 1 500 € mais l’État ne pouvait payer que jusqu’à 800 €, le complément pouvait être réglé par d’autres financeurs publics. Désormais, seul l’État intervient sur la prise en charge de cette aide.

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De plus, le décret officialise la fusion de deux anciennes aides (l’aide à la restructuration de l’exploitation et l’aide au suivi technico-économique) en une seule, dénommée Aide à la relance de l’exploitation agricole (Area). Le plafond de cette aide financée par l’État passe à 10 800 euros (au lieu de 10 000 €) pour la première unité de travail non salariée. De même, le plafond du complément d’aide apporté par d’autres financeurs publics est porté à 10 700 € (contre 10 000 € auparavant) pour la première unité de travail non salariée.

Interprétation élargie de la contribution propre

Pour toucher l’Area, la condition de contribution d’au moins 25 % des coûts du plan de restructuration est assouplie, a confirmé le cabinet du ministre de l’Agriculture le 9 août. « Jusqu’à présent, cette contribution devait être vérifiée par une "contribution de l’exploitant". Le décret du 5 août 2022 modifie cette règle en prévoyant un engagement de "contribution propre" », a expliqué l’équipe de Marc Fesneau. « Dans ce cadre, une "contribution propre" aux coûts de restructuration peut non seulement provenir des ressources propres du bénéficiaire de l’aide, mais également de ses actionnaires ou de ses créanciers, à l’exclusion en revanche, de toute contribution provenant d’un dispositif d’aide publique. » Cet assouplissement avait été promis par l’ancien ministre de l’Agriculture Julien Denormandie en novembre.

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