« La grande distribution met ses fournisseurs bio sous forte pression », déplore l’organisation des entreprises agroalimentaires bio Synabio qui a publié un « observatoire des négociations commerciales » le 21 janvier. Selon ce document, 28 % des entreprises bio « se voient réclamer une baisse de tarif avant toute discussion », et 40 % « à l’issue des premiers rounds de négociation ». Or, dans le même temps, une majorité d’entreprises « alertent sur une hausse du prix des matières premières ». À cela s’ajoutent « les pénalités imposées par les enseignes en cas de retard ou rupture d’approvisionnement », considérées comme « excessives ». Synabio regrette que les distributeurs « fassent porter tout le risque du développement de l’offre bio sur les fabricants et les agriculteurs bio ».
Les syndicats agricoles, lors d’une table ronde organisée par le Sénat sur l’évaluation des effets de la loi Egalim le 23 janvier, ont également déploré cette situation. « Les distributeurs ont saigné le conventionnel. Maintenant, ils commencent à s’attaquer au bio », alerte Baptiste Gatouillat, vice‑président des Jeunes agriculteurs. « Il faut absolument éviter que la filière bio soit prise dans de tels méandres », préconise-t-il.
La Confédération paysanne dénonce également le rognage des marges sur le bio. « Cette guerre des prix est d’autant plus préjudiciable qu’elle affecte une filière en développement, souvent en manque de produits nationaux, estime le syndicat. Les GMS préfèrent favoriser les importations à bas coûts, plutôt que de participer au développement de l’agriculture biologique en France avec des prix rémunérateurs. »
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Michel Édouard Leclerc, qui « croit à la filière bio », a immédiatement réagi sur son blog. À contre-courant, il assure qu’il constate, lors de ces négociations sur les produits bio, « un vrai dialogue et une reconnaissance mutuelle ». Il évoque également une « prise en compte des coûts de production et [de la] rémunération des producteurs » dans les accords trouvés entre l’enseigne et ses fournisseurs bio.
« Les distributeurs ont saigné le conventionnel. Maintenant, ils commencent à s’attaquer au bio »