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Agriculture de conservation : l’Apad cherche à créer de la valeur

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Lors de son congrès, l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad) a nommé l’agriculteur vendéen François Mandin président. Un mandat qui sera marqué par la volonté de « valoriser » et « faire connaître » ces pratiques. L’Apad travaille actuellement avec le ministère de l’Agriculture sur un paiement pour service environnemental (PSE) adapté à ces pratiques.

« Faire reconnaître l’agriculture de conservation des sols comme une agriculture durable ». Ce sera le principal objectif de François Mandin, agriculteur en Vendée, qui a pris la tête de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad), lors de son assemblée générale, organisée le 5 février à Genech (Nord). Il remplace à ce poste Benoit Lavier, qui le quitte après huit ans.

Durant ce mandat d’un an, renouvelable plusieurs fois, le nouveau président devrait insister sur la nécessité de « valoriser » l’agriculture de conservation, dans « la continuité » de son prédécesseur. Si l’idée d’un label est pour le moment sortie des radars, l’organisation travaille sur la création d’une « marque », pour permettre d’identifier ces pratiques agricoles auprès du grand public.

Les actions visant le grand public devraient d’ailleurs se multiplier. « Certains sujets comme la santé du sol, l’érosion et la qualité de l’eau doivent prendre plus de place dans les débats, et l’agriculture de conservation doit montrer les bons résultats qu’elle obtient dans tous ces domaines », insiste-t-il. Un film devrait sortir bientôt, et l’association aura un stand au prochain Salon de l’agriculture.

Se focaliser sur la valeur ajoutée

« Nous devons veiller à la juste rémunération de la valeur ajoutée créée par les agriculteurs », insiste François Mandin. Cela pourrait passer par la rémunération des services environnementaux fournis pour le sol par ces pratiques. Un groupe de travail a d’ailleurs été constitué sous l’égide du ministère de l’Agriculture, afin de créer des « indicateurs de résultat » adaptés à l’agriculture de conservation.

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Objectif : la mise de place de paiements pour services environnementaux (PSE), dans le cadre de la future Pac, avec comme outils privilégiés les « ecoschemes », proposés par la Commission européenne pour rémunérer de manière facultative certains services rendus par les agriculteurs. Des travaux sont également menés pour réaliser des PSE avec des organismes privés.

Un autre chantier sera de « clarifier ce qu’est l’agriculture de conservation », pour éviter que des acteurs « avec des ressources importantes » arrivent sur cette agriculture en la dénaturant, ajoute le nouveau président.

La question du désherbage

Mais l’un des plus gros enjeux de ces prochaines années sera la question du désherbage, avec la fin programmée du glyphosate, très utilisé en agriculture de conservation. L’association travaille avec les instituts techniques et l’Inra, pour identifier les « situations d’impasse », sur cette question.

Au-delà, l’association appelle les autorités à « ne pas priver l’agriculture de conservation de l’ensemble de ses outils », alors que « les résultats en matière environnementale sont là ». « Il est temps de faire de la pédagogie, afin de réfléchir rationnellement sur ces questions, avec un rapport bénéfice/risque », conclut-il.