L’Apad (Association pour le promotion d’une agriculture durable) a déclaré le 23 février que le retrait du glyphosate constituerait « un frein important au développement de l’agriculture de conservation ».
« Si demain le glyphosate était interdit, cela rendrait notre tâche plus compliquée », a reconnu le président de l’Apad Benoît Lavier, parlant d’« un coup d’arrêt ». L’association, qui réunit près de 400 producteurs, défend une « troisième voie » entre l’agriculture conventionnelle et la bio. « On ne s’interdit pas les phytos », a-t-il souligné, préférant « être jugé sur les résultats, pas tant sur les moyens ». Avec comme règle la préservation des sols, l’agriculture de conservation empêche l’érosion, restaure la biodiversité, accroît le stockage du carbone, selon l’Apad. De quoi minimiser le problème du glyphosate : « L’important est qu’il n’y ait pas de contamination de l’eau », grâce au moindre ruissellement, et que la matière active soit dégradée dans le sol, par une activité microbienne plus intense, a considéré Benoît Lavier.
L’Apad, qui annonce sa première participation au Salon de l’agriculture, voit deux conditions au développement de l’agriculture de conservation des sols : « un dialogue ouvert avec la société » et surtout que « les agriculteurs soient au cœur du changement » de modèle. « Notre présence au Sia doit permettre d’attirer l’attention sur la préservation du sol », a expliqué Benoît Lavier. C’est le premier facteur de production, qu’il convient de protéger vu ses bénéfices agronomiques et environnementaux, insiste l’Apad.
En phase avec les attentes de la société
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’agriculture de conservation se voit davantage en phase avec les attentes de la société. D’où le message que l’Apad veut porter au Sia : « On peut envisager un modèle alternatif ». Cela réclame de la part des agriculteurs d’importants changements sur le plan culturel, agronomique, d’après Benoît Lavier. Mais le résultat en vaut la chandelle, selon lui. L’Apad admet un manque de références sur ce point. Le semis direct sous couvert végétal permet, selon l’association, de baisser les charges de carburant, main d’œuvre et surtout mécanisation. « C’est un système qui permet de réduire les coûts de production en produisant autant voire plus », a souligné la vice-présidente Sarah Singla. Il a pu être décrié faute d’avoir pris en compte ses trois piliers : semis direct, rotation, couvert végétal, d’après elle.
« Tout n’est pas rose avec l’agriculture de conservation : des difficultés existent », a admis Benoît Lavier, reconnaissant le « besoin de mieux caler le système ». L’idée n’est « pas de dire qu’on est arrivé ».
« Etre jugé sur les résultats pas tant sur les moyens »