Le spécialiste de l’agriculture de précision intraparcellaire be Api vise plus de 90 000 ha en 2017-2018, a-t-il annoncé le 4 octobre. Une réponse à l’« engouement » des producteurs : 29 % se disent prêts à s’engager ou à développer cette modulation des intrants, d’après son enquête.
« L’agriculture de précision intraparcellaire en technique be Api couvre environ 75 000 ha aujourd’hui », a indiqué en conférence de presse Thierry Darbin, le directeur du réseau de 32 coopératives. « Notre objectif est de dépasser 90 000 ha fin 2018. » Be Api souhaite pour cela former l’ensemble des équipes coopératives, les faire monter en compétence technique et commerciale. L’idée est de créer une « dynamique d’entreprise ». Vingt-cinq sessions de formation ont été proposées en 2016-2017 à quelque 200 personnes. Le réseau s’est également doté d’un webinar, séminaire en ligne, pour les référents be Api des coopératives.
La R & D est confiée à Défisol Services. Cette filiale de be Api revendique treize ans d’expérience dans l’agriculture de précision, à travers le suivi d’environ 200 agriculteurs pionniers dans l’Eure. Les actions prévues en R & D visent à acquérir des références sur les performances agronomiques, environnementales et économiques des prestations be Api. Il s’agira également d’évaluer les capteurs, équipements de modulation et toutes les nouvelles technologies associées à l’agriculture de précision intraparcellaire.
Attirer plus de coopératives
Autre axe de travail, simplifier et informatiser le conseil. « On s’appuie sur les filiales d’InVivo pour informatiser toute la chaîne de production », a expliqué Benoît Dreux, directeur de Défisol Services. Un logiciel, conçu avec l’accélérateur de projets Studio Agro Digital, facilite la gestion du conseil intraparcellaire. Développé en partenariat avec l’éditeur Smag, son premier module est déjà disponible, les deux autres entre janvier et mars. L’ensemble est réservé aux 32 associés de be Api.
Le réseau, qui veut propulser l’agriculture de précision intraparcellaire en « mode de production incontournable du XXIe siècle », espère séduire un plus grand nombre de coopératives. Cap Seine, Val de Gascogne et Sèvre-et-Belle ont servi de pilotes en lançant il y a un an les services be Api d’agriculture de précision intraparcellaire auprès d’une centaine d’agriculteurs sur 12 000 ha.
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Une bonne perception chez les agriculteurs
« La variabilité intraparcellaire constitue un gisement de valeur économique et environnementale pas suffisamment exploité », a souligné Thierry Darbin ; be Api pointe un « retard » de la France en matière d’agriculture de précision. Pourtant les agriculteurs en ont une bonne perception, d’après son enquête auprès de 5 650 d’entre eux. « On sent un grand engouement des agriculteurs, qui se posent des questions sur leur façon de produire, l’environnement », a indiqué Laurent Maillard, responsable du réseau. L’enquête montre que 29 % des sondés sont prêts à s’engager ou à développer l’agriculture de précision intraparcellaire. 40 % estiment déjà moduler leurs doses d’intrants, notamment aux semis, même si la pratique est manuelle. L’agriculture de précision intraparcellaire est associée à des bénéfices bien exprimés : économies d’intrants, réduction de l’impact environnemental, plus grande rentabilité, gain en image du métier d’agriculteur. « 100 % des producteurs en modulation intraparcellaire ont un retour sur investissement, avec une économie d’intrants, un gain de rendement, a-t-il souligné. D’ailleurs pas un seul n’a arrêté. »
Illustration avec le cas de William Blanchet, un producteur gersois sur 126 ha en polyculture élevage. Les services apportés par be Api se traduisent par une économie d’intrants de 12 euros/ha en phosphore, potassium, magnésie, un gain en productivité de 27 euros/ha, un gain en rentabilité de 16 euros/ha (déduction faite des 23 euros/ha d’investissement), et un moindre lessivage en nitrates de 18 mg/l.
« Un mode de production incontournable du XXIe siècle »