La Cop27 s’ouvrira en Égypte le 7 novembre, avec un enjeu de taille : l’élaboration d’un cadre au sein de la convention des Nations unies pour les discussions liant agriculture et climat.
L’un des enjeux de la Cop27, qui se tiendra à Charm el Cheikh du 7 au 18 novembre, « sera d’élaborer un nouveau cadre pour les discussions autour de l’agriculture et du climat », souligne Marie Hrabanski, chercheuse en sociologie politique et coordinatrice Climat au Cirad. Car cette réunion des signataires de la convention-cadre des Nations unies sur le climat (Ccnucc), rappelle-t-elle, devrait marquer l’aboutissement des dialogues de Koronivia. Un processus lancé en 2017 pour envisager la place de l’agriculture dans les négociations climatiques internationales. Élevage, carbone, nutriment, évaluation de l’adaptation : la Cop égyptienne permettra de synthétiser les contributions des États et des parties prenantes autour de chantiers thématiques.
Mais l’enjeu à Charm el Cheikh reste institutionnel, insiste Marie Hrabanski : « Plusieurs scénarios circulent, entre un nouvel organe dédié à l’agriculture au sein de la Ccnucc, ou un programme géré par un organe déjà existant. » Principal facteur de réussite : le financement, alors que les nations du Sud attendent également un mécanisme compensant les pertes et dommages liés aux catastrophes climatiques.
Agroécologie ou agriculture « climate-smart »
Jusque dans les années 2000, rappelle Marie Hrabanski, « les questions agricoles ne faisaient pas partie des discussions internationales, au nom de la souveraineté des États ». En 2006, le rapport de la FAO sur le bilan climatique du bétail en 2006, et les débats autour de l’adaptation pour relancer la Ccnucc renouvellent l’intérêt de la diplomatie climatique pour le secteur. En 2017, à la Cop de Bonn, États et parties prenantes décident alors de lancer cette action commune, en prévoyant d’aboutir en 2021.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La conclusion du dialogue aura finalement été repoussée d’un an an. Sa clôture en Égypte, pays accoutumé aux crises alimentaires, sera « symbolique », glisse Marie Hrabanski. Mais c’est d’Europe que proviendrait un tiers des soumissions recensées récemment par la FAO sur le dialogue de Koronivia, poursuit Marie Hrabanski. La France, notamment, serait particulièrement active dans sa défense de l’agroécologie. Alors que plusieurs géants agricoles, dont les États-Unis, prôneraient de leur côté une approche plus technologique, dite « climate-smart ».
Le consensus serait en revanche général sur la nécessité de travailler en même temps sur les émissions agricoles, le carbone, et l’adaptation. Les États seraient notamment plutôt alignés quant à la nécessité d’un mécanisme favorisant la séquestration. Parties et observateurs seraient aussi prêts à traiter différemment la question de l’élevage, entre les fermes plus intensives des pays du Nord, et des États du Sud orientés vers des modèles sylvopastoraux.