L’office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a présenté le 21 juillet un rapport intitulé « L’agriculture face au défi de la production d’énergie », qui donne la priorité à la méthanisation parmi les diverses sources d’énergie que l’agriculture est capable d’alimenter. Le rapport fixe les limites de la fourniture d’énergie par l’agriculture : celle-ci a d’abord une vocation alimentaire, l’énergie venant comme production dérivée.
Un rapport présenté lors d’une conférence de presse le 21 juillet par le député LREM du Rhône Jean-Luc Fugit, au nom de l’Opecst, intitulé « L’agriculture face au défi de la production d’énergie », recense les sources d'énergie que l'agriculture peut alimenter. Il donne la priorité à la méthanisation, laquelle n’est pas censée soustraire de la ressource alimentaire. Dans ses propositions sectorielles, le rapport, qui a été rédigé par Jean-Luc Fugit et par le sénateur PS de l’Aude Roland Courteau, cite, par ordre d’importance : la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et les biocarburants.
Outre son rendement de bon niveau, la méthanisation « bénéficie d’une proximité avec l’activité agricole », justifie le rapport. De plus, « elle favorise l’économie circulaire, avec le traitement des déchets fermentescibles, qui deviendra un sujet de premier plan avec la collecte des biodéchets dans les villes au plus tard le 31 décembre 2023 ». En résumé, les deux rapporteurs la qualifient « d’énergie vertueuse », parce qu’elle contribue à dépolluer, produit de l’énergie et un engrais organique.
Le Parlement mieux associé à la politique énergétique
Interrogé lors de la conférence de presse sur le calendrier de tarifs décroissants du rachat du biométhane injecté, le député a répondu que lui et son collègue sénateur souhaitent que le Parlement « soit davantage associé à la politique énergétique ». « Nous pensons que le Parlement doit descendre dans les décisions concernant les filières », a-t-il précisé. Le débat sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en 2023 devrait fournir au Parlement l’occasion de s’exprimer, souhaite-t-il. De même, les deux rapporteurs estiment nécessaire de « protéger le foncier agricole » des risques d’empiètement des cultures destinées à la production d’énergie, « à travers un nouveau cadre législatif »… qui pourrait être la loi foncière tant attendue des professionnels de l’agriculture.
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Les biocarburants de première génération (produits sur une base de blé, maïs, betterave ou graines de colza ou de tournesol) peuvent avoir un effet sur l’usage des terres et sur les prix des matières premières agricoles. Les risques de conflits d’usage avec l’alimentation « incitent à y recourir avec prudence». Le rapport préconise surtout le soutien aux technologies innovantes, notamment en matière de biocarburants aéronautiques.
La méthanisation, une « énergie vertueuse » aux yeux des rapporteurs
Méthanisation et méthanation : encore plus de méthane produit
Le rapport propose de coupler la méthanisation et méthanation. La méthanisation est la production de méthane à partir de matières premières fermentescibles. La méthanation est la production de méthane à partir d’une réaction entre le gaz carbonique et l’hydrogène. Or, un méthaniseur génère 60 % de méthane et 40 % de CO2. La collecte du CO2 à la sortie du méthaniseur permettrait de valoriser ce gaz à effet de serre et à transformer sa collecte en opportunité, en le faisant réagir avec de l’hydrogène produit à partir de l’hydrolyse de l’eau lors des heures de pointe de production d’électricité intermittente (éolienne ou photovoltaïque), a expliqué Jean-Luc Fugit.