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C’est le leitmotiv des principaux candidats à l’élection présidentielle : il ne faut pas opposer l’agriculture et l’environnement. Une recommandation qui ne serait tout au plus qu’un vœu pieu si, à sa manière, le commissaire européen Dacian Ciolos n’avait dressé un pont assez convaincant entre ces deux notions. C’était lors de son passage au salon de l’agriculture de Paris le 27 février. « Je ne dissocie pas le verdissement de la compétitivité agricole, expliquait-il. Le verdissement, c’est ce volet plutôt honni des agriculteurs d’Europe qui implique notamment que 7% des surfaces de chaque exploitation soit consacré à la biodiversité ou tout au moins à un traitement écologique. Le raisonnement de Dacian Ciolos : les sols européens sont épuisés ; ils manquent, dans un nombre croissant d’endroit, de matière organique. Mettre en réserve chaque année 7% d’une exploitation (à condition que ces 7% ne demeurent pas sur le même endroit) c’est aider à la régénération de la surface agricole européenne. Un super-assolement en quelque sorte. Et, selon le commissaire européen, cette approche écologique sur une part des terres est la condition indispensable pour conserver une ressource naturelle qui nous permette de produire à long terme en étant compétitif.
A cela des agriculteurs répondent que la vraie solution pour enrichir un sol c’est d’y apporter, de manière raisonnée, des engrais ou de changer les rotations actuelles. Il n’empêche : le Commissaire européen défend un point de vue qui mérite d’être étudié, critiqué mais également pris en compte. Il donne en effet au débat écologie – agriculture une dimension autre que celle d’un affrontement stérile.
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