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Porcs Agriculture et environnement : un dialogue possible en filière porcine

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Le 24 octobre, l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande en Bretagne) et le CRP (Comité régional porcin) Bretagne ont présenté le plan porc 2013 au conseil général d’Ille-et-Vilaine. Une certitude : filières agricoles et associations environnementales devront travailler ensemble.

Quelque « 853 sites de production porcine sont prêts à investir », a déclaré Jacques Crolais, directeur du CRP (Comité régional porcin) Bretagne au conseil général d’Ille-et-Vilaine à Rennes, le 24 octobre. Sur les 3 000 élevages naisseurs-engraisseurs restants en 2012 en Bretagne (contre près de 4 200 en 1999), il y a ceux qui n’investiront pas dans les années à venir. C’est le cas de « plus de 300 élevages » qui ne se mettront pas aux normes de bien-être animal qui ont pris effet au 1er janvier 2013. « Il y a aussi ceux qui ont investi il y a peu de temps, qui ne réinvestiront pas tout de suite », poursuit Jacques Crolais. Sans compter les départs en retraite : l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande en Bretagne) estime à 195 le nombre de départs à la retraite en production porcine en Bretagne. Les installations, elles, sont bien moindres : 51 en 2005 ou encore 35 en 2011. Mais il y a aussi les éleveurs qui veulent investir et développer leurs productions. Bilan : d’un côté le nombre de producteurs diminue inexorablement, de l’autre, l’objectif de toute la filière est de maintenir la production. Les élevages restants vont bel et bien devoir investir et exprimer pleinement leur performance technique pour ne pas disparaître. Au pied du mur, les éleveurs en appellent à l’adaptation des réglementations pour pouvoir se développer. Certaines d’entre elles ont plus de vingt ans.
 
Dépoussiérer la réglementation
853 exploitations veulent investir, « mais ne le peuvent pas ». En ligne de mire : la réglementation sur les Zones d’excédents structurels (Zes). « Il y a vingt ans, on avait des excédents d’effluents azotés. L’Etat avait alors décidé de bloquer l’extension des élevages pour les résorber », se rappelle Jacques Crolais. En 2013, les professionnels considèrent que cette réglementation n’est plus adaptée au contexte environnemental et économique. Les éleveurs n’ont plus le choix de développer leur exploitation ou non. « Ils sont contraints de ne pas le faire », soutient-il. L’absurdité administrative est d’autant plus frustrante pour les éleveurs désireux d’entreprendre qu’« aujourd’hui, la résorption des effluents est faite », affirment les professionnels. D’après l’UGPVB et le CRP Bretagne, en 20 ans, 443 stations d’épuration des eaux usées ont été installées et 630 éleveurs de porcs traitent le lisier.
 
Vers un dialogue constructif ?
La réglementation sur les effluents d’élevage est pratiquement aussi ancienne que la polémique qui oppose le monde de l’agriculture à celui des associations environnementales. Mais en Bretagne, la dislocation industrielle en cours pourrait amener les vieux ennemis à travailler ensemble. Dans l’étude menée par l’UGPVB et le CRP Bretagne, les éleveurs n’ont pas été les seuls interlocuteurs. Les associations environnementales ont répondu présents à ce projet de développement durable de la filière porcine, ainsi que cinquante autres parties prenantes. L’idée est de collecter les réponses à la question des enjeux et des objectifs du développement de la filière porcine en Bretagne. Les réponses des uns et des autres ne sont pas encore disponibles. « Elles le seront très prochainement», assure Jacques Crolais. Mais au-delà des résultats proprement dits, c’est la diversité des organisations participantes qui révèle une volonté collective de sortir de la crise.

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