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Agriculture verticale: Agripolis change de business model

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Son nom est peut-être moins connu que ceux de ses concurrents Agricool ou Sous les fraises. Pourtant la start-up parisienne Agripolis est un des plus gros faiseurs en France sur cette activité naissance qu’est l’agriculture verticale. Elle a été l’attributaire en 2018 des 14 000 mètres carrés de l’appel d’offre du Parc Expo de la Porte de Versailles, sur le toit duquel doit naitre la « plus grosse ferme urbaine du monde » d’ici le printemps 2020 (voir photo ci-dessous). Et elle travaille déjà avec Accor, Carrefour ou Sodexo.

Le secret de cette start-up née en 2016, explique son fondateur Pascal Hardy, c’est d’avoir commencé sur les chapeaux de roues, avec des projets lancés dès 2017 chez Carrefour ou la Caisse des dépôts, «bien que nous étions encore en recherche et développement». Une stratégie «qui a eu le bénéfice de nous permettre d’être rapidement dans le vrai, notamment en termes de coût de production, mais dont l’inconvénient était que nos clients nous pensaient déjà au point ».

L’année 2019 sera celle du changement de business model pour la start-up parisienne. Jusqu’ici Agripolis «était sur tous les fronts», explique Pascal Hardy : elle finançait, construisait, exploitait et commercialisait les fruits et légumes. Désormais, elle cherche à se cantonner à la construction et la maintenance des installations. Les « fermes urbaines » devront être gérées par une société (indépendante, ou détentrice de l’immobilier sur lesquelles elles sont construites), qui achètera ou louera (en leasing) l’installation, moyennant environ 60000 euros pour 50 mètres carrés.

Ainsi, une installation construite sur un hôtel Mercure vient d’être revendue à un exploitant individuel ; et un grand distributeur français monte actuellement un projet dans lequel il sera propriétaire de l’installation, et deux de ses salariés de magasin vont être formés à l’exploitation de la ferme. Toutefois, Agripolis conservera trois sites en propre, dont celui de la Porte de Versailles, comme vitrine, et «2 à 3 sites de recherche et développement ».

Pour que ce modèle marche, il faudra convaincre des exploitants de se lancer. Pascal Hardy rappelle que «l’économie de l’agriculture urbaine n’est pas encore florissante ». La base du revenu est constituée essentiellement de la vente des fruits et légumes. Et il doit être consolidé par des activités de service/tourisme (visites, teambuilding, location d’espace). Mais surtout, prévient-il, l’économie de ces structures ne peut être « basée sur l’image », qu’elles apportent aux grands groupes qui les financent ou détiennent le bâtiment sur lesquelles elles sont construites. « Sinon cela ne durerait que deux à trois ans ».

La start-up cherche à lever 2,5 millions d’euros d’ici la fin d’année, soit 10 fois moins qu’Agricool en décembre. Une somme plus réduite permise par un « positionnement mixte », entre les structures indoor hightech d’Agricool ou Infarm, très gourmandes en capitaux, et les projets low-tech du pionnier de l’agriculture sur toits, Brooklyn Grange Farm. La start-up vise l’installation d’une quinzaine de sites d’ici 2 à 3 ans – une trentaine sont à l’étude – et recherche activement des exploitants pour rétrocéder certains sites en fonctionnement.

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Mathieu Robert