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Agriodor veut avoir les ravageurs à l’odeur

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C’est une question qui se pose de manière de plus en plus forte avec les restrictions progressives autour des insecticides en France et en Europe : quelles solutions durables pour lutter contre les ravageurs ? C’est ce que tente d’apporter Ené Leppik  (voir photo ci-dessous) et Brigitte Frénot avec Agriodor, une start-up née dans l’environnement de l’Inra, qui se concentre sur la culture de la féverole.

Pour lutter contre les bruches, un coléoptère qui peut faire chuter de plus de 60% le rendement de cette culture, Agriodor reproduit l’odeur de la plante afin d’attirer les insectes dans des pièges. Une manière d’avoir les insectes à l’odeur et de protéger ces cultures à forte valeur ajoutée.

Depuis 2016, une trentaine d’agriculteurs ont déjà testé le dispositif sur plus de 120 hectares répartis en Normandie, Seine-et-Marne ou dans le Calvados. «Nous avons travaillé en collaboration avec eux et Arvalis alors que les insecticides pour les bruches allaient être interdits», détaille Ené Leppik.

« On attire les insectes dans des pièges par des attractifs, mais pour un piégeage de masse il faut encore au moins 2 ans de recherche », ajoute-t-elle. Objectif : développer un piégeage de large capacité facile à utiliser pour les agriculteurs.

Les possibilités sont ensuite très importantes, notamment via les coopératives agricoles. « On peut superposer cette solution à d’autres cultures. Les pois, les lentilles ou encore le maïs et le colza. On sait développer un attractif pour eux aussi », précise Ené Leppik.

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L’entreprise, qui a bénéficié d’une subvention de 200 000 euros, n’a pas encore effectué de levée de fonds. Elle attend pour cela d’avoir fini de négocier la licence d’exploitation du brevet avec Inra Transfert.

Les deux fondatrices sont également en attente de la convention d’accueil qui leur permettra de s’installer sur le campus de Versailles. Pour le moment, elles sont à la recherche d’une troisième personne pour les rejoindre. « Un profil commercial passionné par l’agriculture », précise Ené Leppik.