Abonné

Gestion des risques de marché Agritel mise sur les outils d'aide à la décision et l'international

- - 3 min

Confrontée à une « stagnation » de son activité en France, la société de conseil Agritel mise sur le développement d'outils d'aide à la décision et une présence accrue à l'international, pour devenir leader en Europe d'ici à cinq ans.

« On n'échappe pas à la morosité ambiante, avec un chiffre d'affaires 2013 qui se stabilise à 3,5 M d'euros, après des années de croissance à deux chiffres, a expliqué le directeur d'Agritel Michel Portier le 29 janvier en conférence de presse. En dépit d'une relative stagnation de l'activité en France, on espère retrouver la même dynamique qu'avant, grâce au bon développement à l'international et sur les outils d'aide à la décision. Notre objectif : devenir leader en Europe d'ici à cinq ans » Le spécialiste de l'information, du conseil et de la formation sur les risques de prix vise en particulier l'Allemagne, où se trouvent les « meilleures opportunités de marché ». Il s'agit de sa prochaine cible, après l'Espagne en 2013 et tout dernièrement la Suède, qui complètent l'activité des trois bureaux à Paris, Kiev et celui de Shanghai ouvert en mars dernier. Agritel poursuit la diversification de sa clientèle, « de la fourche à la fourchette », avec le plus fort développement dans l'industrie de 2e transformation. Sa filiale d'outils d'aide à la décision Agrinext affiche plus de 10 000 utilisateurs.

« Pas question de quitter l'Ukraine »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Il n'est pas question de fermer notre bureau à Kiev », a souligné Michel Portier, en évoquant les troubles en Ukraine. Pour lui, les exportations céréalières se déroulent assez normalement depuis le pays de la mer Noire. « La baisse des expéditions, observée ces derniers jours, est due à des difficultés logistiques, habituelles pendant l'hiver. Il n'y a aucun problème en douane, zéro défaut de livraison, pas de défiance côté acheteurs. » Agritel admet néanmoins que l'activité est « compliquée à gérer » en Ukraine, vu le « milieu difficile à pénétrer », l'« environnement très instable », l'existence de « beaucoup de lois rétroactives ». « Notre présence à Kiev reste essentielle, a-t-il insisté. Cela permet de collecter des données précises sur le bassin de production, notamment grâce à des tours de plaine réguliers. »

Prix agricoles : vers une année « compliquée » pour les producteurs

«Ça risque d'être compliqué en 2014 pour les agriculteurs, avec des prix au niveau du seuil de rentabilité pour le blé, au-dessous pour le maïs », a estimé Michel Portier. Le spécialiste voit une « tendance baissière » sur les marchés. En l'absence de pépin climatique jusqu'à la prochaine récolte, le potentiel de chute des cours est chiffré à 10 euros/t pour les céréales, entre 30 et 40 euros/t en colza, qui reste soutenu actuellement par une « soudure » difficile avant l'arrivée des récoltes record de soja en Amérique du Sud. Mais le froid extrême aux Etats-Unis pourrait modifier la don-ne. « D'après le consensus entre agronomes et traders, 5 à 10 % du blé américain seraient détruits par le gel, a-t-il signalé. Le bas de la fourchette constitue une valeur classique. Au-dessus, le marché peut monter. » Agritel chiffre le potentiel de hausse entre 0 et 40 euros la tonne de blé. D'autres facteurs peuvent influer sur les marchés : les parités monétaires, avec la baisse du peso argentin et du réal brésilien, la politique de la banque centrale américaine, en voie de resserrement, mais aussi le PIB en Chine, où la croissance donne des signes d'essoufflement.