À quelques jours de l’examen du projet de loi AER au Parlement, les Jeunes agriculteurs, la FNSEA et Chambres d’agriculture France ont détaillé leurs positions respectives, assez proches sur le fond, malgré des divergences sur la forme.
Le cadre fixé par le projet de loi AER (accélération des énergies renouvelables) sera-t-il suffisant pour que les Jeunes agriculteurs lèvent leur demande de moratoire sur l’agrivoltaïsme ? À l’approche d’une séance publique le 5 décembre à l’Assemblée nationale, le syndicat jeune a précisé sa position, lors d’une table ronde le 23 novembre. Les JA se disent toujours « contre le photovoltaïsme au sol sur les zones Naf » (espaces naturels, agricoles et forestiers). « S’il y en a, c’est avec une définition stricte de l’agrivoltaïsme », a déclaré le 23 novembre le président Arnaud Gaillot.
Deux mois plus tôt, les JA réclamaient « un moratoire sur l’agrivoltaïsme en France », que les panneaux solaires soient « strictement installées en priorité sur les terres déjà artificialisées ». Une position qui a permis de faire bouger les lignes, considère aujourd’hui Arnaud Gaillot. « Chez les JA, on n’a jamais été fermés à l’idée de l’agrivoltaïsme » qui peut être « une vraie opportunité sur des cultures pérennes », et en maraîchage « pas forcément un inconvénient ». La ligne rouge concerne plutôt des installations de 5 mètres de haut, 22 mètres de large, avec des céréales dessous, cite comme exemple le syndicat. Les JA réclament aussi un contrôle du projet dans la durée, permettant de garantir le maintien de l’activité agricole. Et de se distinguer de la Confédération paysanne, opposée au photovoltaïque sur les terres agricoles.
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Complémentarité avec l’agriculture
« Priorité à l’alimentaire » : telle est la doctrine de la FNSEA concernant l’agrivoltaïsme, a résumé Olivier Daugers, référent Climat-Energie. « Sur des terres agricoles, quel qu’en soit le potentiel, il faut respecter la règle de l’agrivoltaïsme ». Des propos qui font référence à la définition adoptée en première lecture au Sénat, s’appuyant sur la notion de « services » rendus à la parcelle. « On est capable de produire de l’énergie sans remettre en cause la production alimentaire », selon lui.
Les Chambres d’agriculture France tracent aussi des lignes rouges. Ses structures accompagnent une centaine d’expérimentations « pour mieux comprendre les choses », a signalé le président Sébastien Windsor. Résultat, des projets « ne marchent pas », d’autres « oui, sous certaines conditions », notamment dans des serres. Les panneaux solaires, en protégeant les cultures, peuvent augmenter le volume de production. Ou au contraire, le diminuer s’ils sont mal orientés, en cas de faible luminosité. D’où la question : « Qui contrôle l’orientation des panneaux ? » Il faut « que l’agriculteur ne subisse pas » ce choix, a insisté Sébastien Windsor.