« Filtrage » des développeurs, accompagnement technique : les coopératives d’élevage se placent en soutien aux adhérents intéressés par l’agrivoltaïsme. Plusieurs coops polyvalentes affichent une volonté de développement de cette technologie.
Ces dernières années, le cabinet Agrosolutions (groupe InVivo) a accompagné « plus de 300 projets agrivoltaïques, portés par 500 à 600 agriculteurs », dont « historiquement plus de la moitié » en élevage ovin. Une poignée de projets chez Agneau Soleil, une quarantaine à Terre d'ovins (Feder), une trentaine pour le groupement ovin d’Arterris… Les structures spécialisées en élevage ovin interrogées par Agra Presse se sont toutes saisies du sujet. Leur connaissance du terrain en fait un intermédiaire précieux pour les développeurs démarchant les éleveurs proches des postes sources (« portes d’entrée » dans le réseau électrique). « Nous avons réalisé un pré-filtrage des développeurs, nous orientons nos adhérents vers les plus fiables », explique Paul Marion, technicien ovin chez Arterris. Une approche partagée par l’ensemble des coopératives interrogées. Certaines mènent des projets de démonstrateurs, ce qui les a amenées à rencontrer de nombreux énergéticiens.
Deuxième étape largement partagée : l’accompagnement technique, à travers un travail classique de montage de projet agricole. Cet accompagnement peut se poursuivre une fois la centrale en production, pour les projets pré-loi Aper. « Les coopératives ne sont pas encore reconnues pour réaliser le suivi des projets agrivoltaïques conformes à la loi Aper, mais elles demandent à l’être », souligne Christophe Fouilland, de la Feder.
Objectifs chiffrés chez Océalia et Eureden
Toutefois, les coopératives d’élevage contactées par Agra n’affichent pas de politique volontariste de développement de l’agrivoltaïsme. Pour Christophe Fouilland, « notre rôle n’est pas de pousser les éleveurs à faire de l’agrivoltaïsme ». En revanche, des structures polyvalentes de taille importante ont récemment annoncé des partenariats avec des développeurs, avec objectifs chiffrés à la clé. Eureden vise ainsi « 30 à 50 projets agrivoltaïques d’ici 2030 », quand Océalia compte « déployer 500 MWc » en dix ans. Toutes deux ont signé avec le leader français TSE.
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Point commun à toutes les coops : une priorité affichée pour le volet agricole des projets. Océalia milite pour « un agrivoltaïsme vertueux » et dit partager avec TSE sa volonté de « travailler les projets agricoles en priorité », selon Emmanuel Séné (responsable Marketing et projets stratégiques). Côté élevage, le discours se veut plus direct : pour Anne-Marie Bolot, responsable technique Ovins, « la Feder s’est engagée pour éviter les projets alibis ».
YG