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Agro-League dépoussière le conseil en agriculture de conservation

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Améliorer la rentabilité des fermes en priorisant l’agronomie et le travail du sol. C’est l’objectif que se fixe la start-up Agro-League, lancée en janvier 2018 par Jean-Christophe Girondin-Pompière et Louise Fromageot (voir photos ci-dessous), et incubée chez the Familly, à Paris.
 
Agro-League propose un coaching et des conseils personnalisés pour les fermes. La start-up souhaite faciliter la transition des agriculteurs voulant aller vers « l’agriculture régénérative » et l’agriculture de conservation, notamment en les aidant à réduire l’usage des intrants.
 
« La résilience économique de la ferme passe par un sol qui fonctionne bien. On investit dans les fermes en ayant la conviction que le travail qu’on va faire avec l’agriculteur va faire en sorte d’augmenter la fertilité de son sol », explique Jean-Christophe Girondin-Pompière, qui a une formation en école de commerce et une certification en agroécologie.
 
En devenant membre, l’agriculteur a accès à un pool d’une douzaine de consultants, consultables à la demande, et des réunions régulières de formations thématiques (semis, couverts, assolements…). Il peut également accéder à une plateforme de vidéo formation ainsi qu’à des résultats d’essais et des formations sur le sol, le tout via le site de la start-up. Pour chaque membre, « l’idée c’est de se donner 3 ans », précise Jean-Christophe Girondin-Pompière, ces derniers pouvant ensuite rester membres du réseau en tant « qu’alumni ».

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Surtout, Agro-League aligne son intérêt sur celui de la ferme. « Un agriculteur a la possibilité de nous payer directement à l’année, ou alors d’attendre le résultat des augmentations du taux de fertilité de son sol pour pouvoir nous rémunérer en fonction de cette augmentation », explique Jean-Christophe Girondin-Pompière.
 
Payer en amont coûtera ainsi 800 €, contre 1300 € pour la formule au résultat. « Il y a des entreprises qui font du conseil sur ce type de sujet mais le fait d’être payé sur le résultat, nous sommes les seuls avec ce business model », explique-t-il. « Le problème en Europe, c’est que les intérêts ne sont pas alignés entre les acteurs qui travaillent autour des fermes et les fermes. Tu as beaucoup d’acteurs localement, des techniciens, qui vont faire douter l’agriculteur » lors du processus de transition, estime-t-il.
 
La start-up, basée à Orléans, compte déjà 200 membres en polyculture ou élevage et est déjà présente en France, Belgique et Suisse.
 
L’enjeu de 2019 « c’est de valider ce modèle », ajoute Jean-Christophe Girondin-Pompière, qui estime que d’ici 6 mois la start-up pourrait se lancer dans la viticulture et l’arboriculture. Pour cela, l’entreprise pourrait effectuer une nouvelle levée de fonds, après une première levée lors de son lancement. L’objectif sera ensuite de viser à être « le leader de l’accompagnement des meilleures fermes au niveau européen », indique-t-il.
 
Romain Ouertal