Le groupe coopératif breton prévoit de nouvelles acquisitions en France et à l’étranger. Sur le marché français, ses marques continuent de passer des hausses de tarif auprès de leurs clients.
Plusieurs projets de croissance externe sont « en cours » chez Eureden, ont annoncé ses dirigeants à la presse à l’occasion de la présentation des résultats du groupe coopératif breton, le 4 juillet. Le chiffre d’affaires de la maison mère de D’aucy, Paysan breton (co-détenue avec Laïta sur la partie lait), Jean Nicolas ou encore Cocotine progresse sur l’exercice 2021-2022, passant de 3,1 Md€ sur l’exercice précédent à 3,3 Md€. L’Ebitda (équivalent de l’excédent brut d’exploitation) est également en hausse à 95,5 M€ contre 94,8 M€ en 2020-2021. Les projets de rachat « concernent les secteurs où nous sommes bons – légumes, les ovoproduits, la viande, la jardinerie – en France et à l’étranger », a précisé le directeur général Alain Perrin.
« Nous recherchons des entreprises de 80 à 100 M€ de chiffre d’affaires avec des marques régionales [au sens de région du monde et non de région française, ndlr] sur lesquelles nous pouvons apporter des synergies, notamment en termes d’innovation », développe-t-il. Le premier rachat devrait se concrétiser à la rentrée de septembre. À l’étranger, Eureden ambitionne de développer ses activités en Europe de l’Est. La coopérative est déjà implantée dans la région avec son usine de transformation de légumes en Hongrie. Elle regarde également du côté de l’Angleterre et l’Amérique du Sud.
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Financer la décarbonation
La direction ne donne pas plus de précisions sur ses projets sur le marché français, sinon que le groupe ne prévoit pas de se développer sur les ovoproduits dont il possède déjà plus de 40 % de parts de marché. Alain Perrin ajoute que le pôle agricole de la coopérative (services proposés aux agriculteurs) « n’a pas vocation à grandir ». Ce n’est pas un hasard si le groupe issu de l’union de D’aucy et Triskalia cherche à consolider ses activités dans l’agroalimentaire : il fait face à des investissements conséquents, notamment pour financer sa décarbonation. Eureden prévoit d’investir 240 M€ d’ici 2030 pour atteindre ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre. La moitié le sera sur le maillon agricole qui représente 80 % de ses émissions carbone.
Sur le marché français, les marques de la coopérative continuent de passer des hausses de tarifs vers leurs clients de la grande distribution et de la restauration hors domicile. « L’inflation n’est pas finie », explique le d.g. « Il n’y aura pas de légumes si nous ne passons pas de hausse […] Nous sommes très transparents, donc c’est bien compris par nos clients », poursuit-il. Exemple avec les haricots verts sur lesquels D’aucy est parvenue à négocier 30 % d’augmentation. « C’est obligatoire pour compenser les risques », explique Alain Perrin, alors que les récoltes se sont effondrées de 40 % l’année dernière chez les producteurs du groupe coopératif.