« L’agriculture est beaucoup plus qu’un business », rappelle le projet de position des sociaux-démocrates du Parlement européen sur l’avenir de ce secteur dans son chapitre sur la politique commerciale – qui, au demeurant, ne convient pas obligatoirement aux députés de ce groupe politique membres de la commission du… commerce international. En revanche, cette affirmation va, par exemple, dans le sens des éleveurs de l’UE qui redoutent l’octroi aux pays du Mercosur des concessions tarifaires pour la viande bovine, dont l’objectif est, bien entendu, d’obtenir d’eux un renvoi d’ascenseur dans d’autres domaines. C’est ça le « business ». En tout cas, afin d’accélérer les négociations avec le bloc sud-américain dans l’espoir de les boucler avant la fin de l’année, la Commission de Bruxelles vient de dépêcher l’un de ses vice-présidents à Brasilia et Buenos Aires. Buenos Aires où se tiendra d’ailleurs, du 10 au 13 décembre, la prochaine conférence ministérielle de l’OMC, organisation censée promouvoir le libre-échange sans débordements. À l’ordre du jour de cette réunion, notamment : une éventuelle décision sur la limitation des soutiens internes qui faussent les échanges, et donc le « business », avec, sur la table, une proposition euro-brésilienne. Celle-ci préoccupe une dizaine d’États membres de l’UE qui redoutent des contraintes préjugeant les discussions internes sur la future Pac. Un jeu subtil de « boîtes » verte, bleue et orange, pas très éloigné du bonneteau diront les plus sarcastiques, et dans lequel s’opposent souvent les intérêts des pays développés, émergents et en développement. Pour l’assainir, le projet social-démocrate préconise l’avènement d’un « nouvel ordre multilatéral ». C’est pas gagné.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.