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Congrès des producteurs de légumes Agroécologie-prix bas, l’équation difficile pour les producteurs de légumes

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Les producteurs de légumes sont confrontés à une équation qu’ils devront résoudre s’ils veulent éviter des problèmes majeurs : des charges de travail et d’endettement accrues d’un côté et des prix bas pour vendre leurs produits sous peine de perdre leurs marchés de l’autre. Cette équation a été au centre du débat organisé par Légumes de France, la fédération des maraîchers, à son congrès qui s’est ouvert le 6 novembre à Paris et qui s’est poursuivi le lendemain.

Hervé Guyomard, directeur scientifique de l’Inra, a reconnu que l’agroécologie aura pour conséquence d’augmenter les charges de travail et l’endettement des exploitations agricoles, lors du débat qui a été organisé à l’ouverture du 57e congrès de Légumes de France. De leur côté, les congressistes ont souligné que, si le consommateur payait 20 centimes de plus le kilo de tomates, cela lui coûterait 3 euros par an seulement pour une consommation moyenne de 15 kg. Soit le prix d’un lot de barres chocolatées.
Problème insoluble : le consommateur recherche le prix bas au centime près, du moins pour son alimentation et particulièrement pour les fruits et légumes. Mais pour Angélique Delahaye, précédemment présidente de Légumes de France, avant Jacques Rouchaussé, actuel président, il faut s’attaquer au problème de perception du prix. « Le problème est celui de la perception du prix par les consommateurs. Il est possible de s’alimenter avec un budget très modeste de légumes et de fruits, pour peu qu’on sache un peu les préparer. Un produit mal employé, dont on jette la moitié à la poubelle, est effectivement toujours trop cher », a-t-elle souligné.
Pour Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France, un travail de communication s’impose. Un tel travail est en préparation à Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. Jacques Rouchaussé a proposé lors du congrès de le compléter par des actions sur le thème du « Made in France » avec le ministère d’Arnaud Montebourg.
 
Les producteurs dénoncent une baisse de l’argent public alloué à la recherche
Le second jour du congrès, le 7 novembre, les débats se sont prolongés sur le thème de la recherche, rendue d’autant plus nécessaire que l’agroécologie voulue par Stéphane Le Foll induira plus d’agronomie, donc plus de besoins en connaissances scientifiques. Les producteurs de légumes ont dénoncé une baisse de l’argent public alloué à la recherche sur leur secteur. « Comment progresser demain si nous n’avons pas les moyens nécessaires pour soutenir la recherche, l’expérimentation, le développement, la formation et le conseil ? », a demandé Jacques Rouchaussé. Or, « que constatons-nous ? Une baisse de l’argent public consacré à notre secteur, j’en veux pour preuve que des crédits du Casdar (Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural), c’est-à-dire des fonds professionnels, vont venir compenser une baisse des crédits de FranceAgriMer consacrés à l’expérimentation ».
La colère des producteurs était d’autant plus grande lors de ce congrès, que l’État a confisqué plus d’un million d’euros du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes cette année, le budget du CTIFL étant plafonné désormais à 17 millions. La taxe fiscale affectée au CTIFL a en effet rapporté 18 millions d’euros, étant assise sur le chiffre d’affaires de la filière des fruits et légumes. Cette année, l’activité du secteur a été particulièrement bonne, d’où l’excédent… dont les producteurs aimeraient que l’équivalent leur soit reversé via la recherche publique. « Pourquoi ne pas mettre en place un fonds dédié à la recherche expérimentation sur les fruits et les légumes ? Pour 2013, le million “prélevé” au CTIFL pourrait être la base d’un financement professionnel de ce fonds auquel on demanderait à l’Inra et à FranceAgriMer de mettre l’équivalent », a suggéré Jacques Rouchaussé. Et de conclure : « De l’argent il doit bien y en avoir… savez-vous que près de 10 millions d’euros sont consacrés au loup dans la seule région Paca ? »

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