Abonné

Agroéquipement : le marché français confirme sa reprise

- - 5 min

Les industriels anticipent une nouvelle croissance de leurs activités en 2019, après une année 2018 marquant la fin de la crise qui avait touché le secteur. La France reste le troisième producteur européen de matériel agricole derrière l’Allemagne et l’Italie.

En 2019, le marché français de l’agroéquipement neuf devrait progresser de 4,5 % pour atteindre 5,61 Mrds €. C’est ce que prévoit Axema, l’union des industriels de l’agroéquipement (qui rassemble les producteurs et les importateurs de machines agricoles), dans son rapport économique annuel présenté le 4 avril. Ces prévisions viennent après une année 2018 durant laquelle ce même marché français a progressé de 6,5 % à 5,37 Mrds €, « venant ainsi confirmer les tendances des trois derniers mois de l’année 2017 », a rappelé David Targy, responsable du pôle économique de l’Axema lors de la présentation. « Toutes les familles de matériels ont connu une croissance à l’exception de la viticulture et des espaces verts », a-t-il ajouté.

Si les perspectives de la filière sont bonnes, cela reste « un marché de reprise », a rappelé Jean-Christophe Regnier, le nouveau président du pôle économique de l’organisation. Si la prévision pour 2019 venait à se confirmer, le secteur ne ferait « que retrouver son niveau de moyenne période (2012-2018) », notamment après la crise qu’il avait connue entre 2014 et 2017, rappelle ainsi Axema dans son rapport. Pour l’année qui vient, l’organisation estime que les bons résultats du secteur agricole en 2018 et « les besoins d’investissements » dans certains secteurs (grandes cultures…) « invitent à l’optimisme » face aux incertitudes économiques que font peser la perspective du Brexit ou le ralentissement économique en UE. Elle s’attend à « un premier semestre dynamique et un second semestre plus nuancé » avec notamment un « redressement » sur le marché des tracteurs « après plusieurs années de baisse en volume » et « des évolutions positives » sur celui du matériel de viticulture ou de laiterie.

Des marges en redressement mais encore « modestes »

Autre signe de reprise, le redressement des marges des entreprises du secteur se poursuit. Le taux de marge brute (excédent brut d’exploitation/chiffre d’affaires) des entreprises membres d'Axema serait ainsi passé « au-dessus de la barre des 4 % du chiffre d’affaires » en 2018. Il était de 4,7 % en 2013 et était tombé à 2,8 % en 2015 avant de remonter à 3,6 % en 2016. Même avec cela « elles restent modestes et inférieures à celles de nombreux autres secteurs industriels », rappelle l’organisation. D’autant qu’il convient de faire le distinguo entre producteurs et importateurs de machines agricoles, ces derniers ayant « des marges globalement supérieures aux fabricants », a rappelé David Targy. Une des spécificités du secteur est la « décorrélation entre la demande et la production », le marché intérieur étant « nourri à 70 % de biens importés » et la production française étant « exportée à 70 % », a rappelé ce dernier.

« Difficulté à recruter »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La production française de machines agricoles a, elle, augmenté de 5,8 % à 4,9 Mrds € en 2018. La France resterait ainsi le 3e producteur européen derrière l’Allemagne et l’Italie, sa part dans la production européenne se maintenant autour de 11 %, signe pour Axema de « la présence d’un socle industriel et pérenne ». Seule ombre au tableau : les difficultés de recrutement à même de « brider la croissance » des entreprises du secteur, rappelle l’organisation. En 2018, l’emploi salarié a ainsi progressé de 2,1 % et devrait augmenter de 2,3 % en 2019, alors que dans le même temps 56 % des adhérents d'Axema déclarent « avoir des difficultés à recruter ».

Le taux de marge brute est passé « au-dessus de la barre des 4 % du chiffre d’affaires »

En 2020, le Sima aura lieu en novembre

La prochaine édition du Salon international du machinisme agricole (Sima) aura lieu du 8 au 12 novembre 2020, ont annoncé Axema, l’union des industriels de l’agroéquipement et le groupe Comexposium, organisateurs de l’évènement lors de la présentation du rapport économique de l’Axema le 4 avril. Le salon créé en 1922, et qui rassemble les principaux fabricants et importateurs de machines agricoles, se tenait habituellement au mois de février, une fois tous les deux ans, les années impaires. En 2022, l’événement se tiendra du 30 octobre au 3 novembre. « Nous avons décidé de bouger les lignes », a indiqué Frédéric Martin, président d’Axema, expliquant ce changement par la volonté de repositionner le salon par rapport au cycle des affaires des exposants, avec notamment l’objectif d’avoir la primauté en termes de présentation d’innovations par rapport à l’allemand Agritechnica et à l’Italien Eima, qui se tiennent également à la mi-novembre. Outre le changement de date, « une nouvelle identité et un manifeste sur ce que sera le contenu du salon » seront publiés le 15 mai prochain, a indiqué Isabelle Alfano, directrice du Sima. Les organisateurs ayant insisté sur la volonté d’avoir « un nouveau positionnement en termes d’image ».