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LAIT/NOUVEL ÉQUIPEMENT Agromousquetaires investit 20 millions d'euros dans la laiterie Saint-Père

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Le pôle industriel d'Intermarché se dote d'une ligne de production entièrement automatisée pour l'embouteillage du lait UHT. Pour valoriser le lait collecté localement, la laiterie multiplie les innovations sous sa marque Pâturages, comme le ferait une marque nationale.

René Grelaud, le directeur de la filière ultra-frais d'Agromousquetaires, a profité des journées portes ouvertes des laiteries françaises le 10 juin pour dévoiler le dernier équipement de l'usine de Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique). « En 2015, nous avons investi 20 millions d'euros pour nous doter de la plus importante ligne de conditionnement de lait UHT en France », a-t-il souligné. Fournie par l'équipementier Krones, la ligne automatisée et robotisée (plusieurs robots manipulent les palettes de la ligne au hangar de stockage) a une capacité de 32000 bouteilles par heure, soit une augmentation de 50% par rapport à l'ancienne ligne. La mise en place de cet équipement a été combinée au lancement d'une nouvelle bouteille de lait UHT « écologique », plus légère de 20%, dépourvue d'opercule et dotée d'un bouchon étanche une fois refermé.

Ce nouvel outil va permettre à la laiterie d'accroître ses capacités de production. Pour cela, le site a renforcé son approvisionnement. En 2015, elle a collecté 205 millions de litres de lait et prévoit d'arriver à 270 millions de litres en 2017. Elle a demandé à ses 400 producteurs sous contrat de livrer 35 millions de litres en plus et a recruté 15 nouveaux producteurs qui fourniront 15 millions de litres supplémentaires. L'objectif est d'arriver à ce que 80% du lait sous marque Pâturages (marque propre d'Intermarché) soient fournis par la laiterie Saint-Père d'ici à fin 2017. « Nous sommes très sollicités par les producteurs pour livrer la laiterie », reconnaît René Grelaud, qui regrette de ne pas pouvoir répondre favorablement à toutes les demandes afin de préserver l'équilibre entre les livraisons et la production. Parmi les atouts de la laiterie, un prix de base de 325 euros/1000 litres payé en 2015 auquel il faut ajouter des primes : charte qualité des producteurs Agromousquetaires (3 euros/ litre), prime de linéarité (jusqu'à 7 euros/litre) et aide aux jeunes agriculteurs (6,10 euros/litre). Toutefois, le prix reste sensible au marché : Saint-Père paie aujourd'hui 300 euros/litres (prix de base). Le directeur de la filière ultra-frais espère pouvoir maintenir ce prix tout au long de l'année. Le chiffre d'affaires de la laiterie devra passer de 212 millions d'euros en 2015 à 230 millions en 2017 ou 2018.

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EFFORTS DE R&D

Si la laiterie parvient à payer plus que le marché, c'est aussi grâce à une gestion précise de l'outil de production. Les capacités non-utilisées pour les produits Pâturages sont mobilisées pour des tiers. « 15% du chiffre d'affaires vient de clients extérieurs tels que des MDD comme par exemple Auchan, la restauration hors foyer ou l'export », explique René Grelaud. Les équipes de Saint-Père sont aussi mobilisées pour valoriser au maximum la ressource. « Notre équipe de recherche et développement est composée de 8 personnes à temps plein », souligne le directeur. Les desserts, qui représentent 21% du chiffre d'affaires de la laiterie, font l'objet d'une politique d'innovation dynamique. Dix nouveautés sont lancées chaque année pour la marque Pâturages, ce qui est plutôt rare pour une MDD. Résultat : dans les rayons d'Intermarché, les desserts Pâturages détiennent une part de marché supérieure à 50%. Parmi les produits en phase de test, des crèmes dessert présentant un taux de sucre inférieur à la moyenne du marché pourraient bientôt arriver dans les linéaires.