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Agroptima, un challenger espagnol dans les logiciels de gestion

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C’est un nouvel acteur sur le marché des logiciels de gestion agricole. Apparue en 2014 en Espagne, sa start-up Agroptima est arrivée en France en septembre dernier avec l’ambition principale de « simplifier la gestion d’exploitation » pour les agriculteurs, explique Hugo Compas, le directeur de l’application en France. « On a voulu répondre à deux besoins : la mobilité et la simplicité d’utilisation », détaille-t-il, deux faiblesses selon lui chez les logiciels déjà présents sur le marché (Isagri, Smag…).

Pour cela, « on a développé en objet principal l’application mobile », indique-t-il. Celle-ci a pour but de « remplacer le carnet de plaine de l’agriculteur » en lui permettant d’enregistrer le détail de ses différents travaux agricoles quotidiens (parcelle, date, produits utilisés, quantités…). « Le but c’est de pouvoir les enregistrer plus rapidement qu’un sms », précise Hugo Compas, qui revendique la possibilité pour les utilisateurs d’être actifs sur l’application en moins d’une heure. Synchronisé avec l’application mobile, le site web va ensuite servir « d’outil d’analyse de l’exploitation agricole ».

Via Telepac, l’agriculteur peut y appliquer directement son registre parcellaire, le logiciel lui permettant ensuite de calculer ses stocks, son registre phytosanitaire ou son carnet d’épandage. Un module additionnel lui permet également de « calculer en temps réel ses marges brutes au niveau parcellaire », explique Hugo Compas.

Pour l’instant, l’analyse ne se base que sur les données fournies par l’agriculteur sur son exploitation. Mais le but est d’aller « vers une vision globale de l’exploitation agricole », détaille Hugo Compas, notamment en créant « des partenariats » avec des fabricants de GPS, de stations météo connectées, ou de capteurs connectés. En Espagne, où Agroptima compte plus de 2000 clients, majoritairement en polyculture, l’application a déjà lancé un premier partenariat avec Cerea, un GPS agricole, ce qui permet de récupérer automatiquement le parcours du tracteur de l’utilisateur.

« Nous sommes en discussion avec plusieurs acteurs du secteur en France et en Espagne », précise Hugo Compas, qui évoque notamment pour la France des stations météo connectées, ou des fabricants d’objets connectés pour tracer les machines agricoles. De ce côté-ci des Pyrénées, l’application, qui fonctionne sur un abonnement annuel, compterait déjà 1200 utilisateurs, « majoritairement des céréaliers » même si le système est ouvert à toutes les cultures.

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Agroptima, qui totalise 30 employés répartis entre Barcelone et Paris, « ne partage les données récoltées avec personne ; on ne les anonymise pas non plus pour faire de la publicité. Les données appartiennent à l’agriculteur », précise Hugo Compas, qui indique que ce dernier peut demander de les récupérer ou les faire supprimer.

L’application, qui gère déjà plus de 700 000 Ha entre la France et l’Espagne, et a levé 1,2M € en juillet 2018 en prévision de son arrivée en France, envisage « d’ouvrir d’autres marchés européens » avant la fin de l’année 2020. « Notre objectif est de devenir un acteur majeur d’ici la fin de l’année ou l’année prochaine sur le marché français et ensuite un acteur européen dans les années à venir », précise Hugo Compas.

Romain Ouertal