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Agtech au Maroc: «Tout est à co-construire»

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Les cabinets Valeur-Tech et NGE Impact ont organisé fin septembre en collaboration avec l’ambassade de France au Maroc la première édition d’Agritech, série de rencontre autour des enjeux technologiques de l’agriculture marocaine. Nous avons posé trois questions à Fabrizio Delage-Paganini, président de Valeur-Tech, sur les enjeux pour les start-up agtech françaises dans ce pays.
 
En quoi le Maroc représente-t-il une opportunité pour l’agtech  française ?

Tout est à co-construire au Maroc. On part quasiment d’une feuille blanche tant sur les investissements massifs qui vont devoir être réalisés par les producteurs faute de quoi ils perdront leur avantage compétitif, que sur les projections de modèle agricole à bâtir pour anticiper les problèmes avant qu’ils ne surviennent. Ce pays regorge d’opportunités, les producteurs veulent s’équiper. Mais il y a un vrai travail de conseil technologique à faire, basé sur la formation, «l’évangélisation». Cela passe selon moi par la création d’un cluster agtech ou les communautés agricoles, investisseurs, start-up pourront bénéficier d’un comptoir d’échanges sur les technologies. Le Maroc doit aussi se doter d’un véritable plan d’investissement technologique agricole capable de transposer la valeur des technologies aux acteurs.

Quelles sont les technologies prioritaires pour répondre aux besoins de ce marché ?

Toutes les technologies présentées lors de cette première édition d’Agritech ont été reçues avec intérêt. Notamment les solutions d’agriculture de précision : les sondes capacitives pour du bilan hydrique intraparcellaire, le couplage de données pluviométriques satellitaires et issues de stations météo connectées permettent de répondre à l’enjeu phare qu’est celui de l’irrigation. Mais aussi le besoin d’outil pour la détection des maladies des plantes et adventices ou le sujet des débitmètres connectés pour gérer le problème du vol de carburant.
 
Que doit savoir une start-up voulant aborder ce marché?

Pour les start-up : les délais de paiements très longs et le nécessaire besoin de trouver des partenaires business locaux de confiance. Et, bien entendu, gérer la disponibilité de ses ressources humaines pour ne pas vendre un projet sans avoir la capacité à le maintenir derrière. Pour les acteurs agricoles : le coût d’acquisition et d’adoption technologique, qui reste encore trop important. Il faut mesurer son investissement en tenant compte des rythmes cycliques d’évolution des technologies qui trop souvent sont beaucoup plus rapides que l’investissement lui-même. L’interopérabilité des objets entre eux également, essentielle pour créer des standards (machines agricoles, Internet des objets, robots, etc.) et générer du conseil agronomique « augmenté ».

Propos recueillis par Romain Ouertal