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Alexandre Biau est chargé d’études économiques pour Unigrains, société de capital développement dans les secteurs agroalimentaire et agro-industriel. Il analyse, pour Agra'up, la dynamique du secteur de l'agtech et de ses start-up : Quel est le moteur de la hausse des investissements en agtech depuis 3 ans? Cela peut s’expliquer d’une part par l’énormité des enjeux auxquels doit faire face l’agriculture (conditions de vie et de travail et des agriculteurs, économie de ressources, respect de l’environnement…), et de l’autre par le nombre élevé de technologies à transférer dans ce secteur (édition de gènes, compréhension du microbiote, logiciels et data science…). Pour l’instant la rencontre des deux phénomènes tâtonne un peu. Cela crée de petites bulles, dans les drones, les logiciels, le biocontrôle, la protéine alternative… Ces dernières années, on a pu voir des valorisations de sociétés étonnantes au vu de leurs promesses ou de leur maturité. Climate Corp a été racheté pour près d’1 milliard de dollars en 2013, et on sent que leur business model tâtonne encore aujourd’hui. On a vu récemment que des sociétés comme Indigo ou Agbiome (voir Agra'Up n°'), qui travaillent sur le microbiote des plantes, sont l’objet de valorisations très élevées. Il reste pourtant beaucoup de travail à faire. En agtech, le temps de développement est très long. Le secteur du logiciel agricole a pu laisser croire que l’on pouvait créer des produits rapidement. Or on se rend compte aujourd’hui que ça met beaucoup plus de temps que ce que l’on pensait. Restez au courant en temps réel !Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
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Pourquoi le temps de développement d’une start-up est-il long en agtech ? Les raisons sont différentes en fonction des sujets ; cela peut tenir à l’homologation des produits dans certains cas, à la compatibilité entre outils dans le cas du digital, ou encore à la problématique commerciale dans d’autres ; les agriculteurs sont une clientèle dispersée, qui requiert un effort commercial important pour les start-up. C’est aussi lié à la temporalité de l’agriculture elle-même ; quand on fait des tests en champs, on ne peut souvent faire qu’une campagne par année. Il faut également bien penser à la question de l'adoption de ces technologies. Cela passe bien sûr par la sensibilisation et la formation des agriculteurs. Mais il y a également une vraie problématique de perception de la valeur ajoutée des produits par les agriculteurs, notamment quand il s’agit d’améliorer un ou deux points de rendement ou économiser un ou deux points d'intrants. Enfin l’effondrement des revenus des agriculteurs ces dernières années est un vrai frein. + Retrouvez la suite de l'interview plus bas ! |
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