Avec l’arrivée à échéance du Plan Maroc Vert en 2020, la question de la montée en gamme de l’agriculture marocaine est devenue un enjeu important du pays. Après des investissements ces dix dernières années, notamment dans les technologies liées à l’irrigation, l’après 2020 pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en termes de technologies agricoles.
1- Une agriculture disparate
Avec un taux de mécanisation de 15 %, et des exploitations qui sont à 70 % de moins de 5 hectares, l’agriculture marocaine reste encore profondément disparate. Avec un préalable indispensable à prendre en compte : celui de la formation. « Acheter des capteurs, tout le monde peut le faire. Mais ce que nous cherchons, ce sont avant tout des start-up capables de faire de la vulgarisation.
Le paysan moyen a peu de formation agricole », rappelle Moulay Rachid Cherkaoui, vice-président de Marocains, entrepreneurs du Monde (MEM) et conseiller sur plusieurs plans de développement d’infrastructures agricoles au Maroc et en Afrique de l’Ouest.
« Il y a des opportunités pour des solutions technologiques à bas coûts dont l’effet massificateur permet d’atténuer le coût, des technologies dont la divulgation peut se faire au plus grand nombre », constate Frédéric Faillières, directeur général de Maïsadour Maroc.
« Les techniques de GPS ou les technologies d’imagerie par drones, ce n’est pas possible pour des petites parcelles. Cela intéressera les Big 5 [les 5 principaux producteurs agricoles du Maroc] et la centaine d’entreprises autour, mais pas plus », ajoute-t-il.
2 – Le marché se concentre en grandes cultures, horticulture et agrumes
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Pour Frédéric Faillières, deux types d’acteurs peuvent être à la recherche des nouvelles technologies dans le pays : les gros producteurs en grandes cultures et les horticulteurs ou agrumiculteurs. « La plus grosse partie de la valeur ajoutée de l’agriculture marocaine se fait dans les serres, les agrumes et la vigne », rappelle-t-il.
Les solutions de collectes de données permettant l’automatisation de l’irrigation et de la gestion de l’eau (problèmes récurrents au Maroc), ou de gérer la durabilité des sols sont des secteurs porteurs.
La lutte non chimique contre les maladies ou les ravageurs également, alors que les exportateurs agricoles marocains suivent avec attention les évolutions de la réglementation européenne en matière de produits phytosanitaires (63 % des exportations agricoles et agroalimentaires du Maroc sont à destination de l’UE).
3 – Un environnement des affaires spécifique
Dernier point à prendre en compte : l’environnement des affaires, qui a ses spécificités. « La question des délais de paiement est un sujet crucial, qui thrombose l’économie marocaine », explique Marie-Cécile Tardieu, conseillère pour le service économique de l’ambassade de France au Maroc.
Le délai moyen d’encaissement des créances clients dans le pays était ainsi de pratiquement 10 mois en 2018. Autre point : « La justice peut être aléatoire, on conseille souvent des clauses de médiation », précise-t-elle à l’adresse des start-up françaises qui seraient désireuses de se lancer sur le marché marocain.
Romain Ouertal