« Le rôle de la France dans les politiques agricoles en Afrique s’est affaibli ces vingt dernières années, marginalisant aujourd’hui le ministère de l’Agriculture au sein du dispositif français d’aide au développement », constatent trois inspecteurs généraux du CGAAER (ministère de l’Agriculture) dans un rapport publié le 4 mai. Concrètement, calculent les auteurs du rapport, l’aide publique au développement à destination de l’agriculture en Afrique « diminue régulièrement, sauf si on y intègre l’ensemble de l’économie alimentaire » et elle est « de moins en moins identifiable en raison de sa contribution à beaucoup d’autres thématiques (climat, biodiversité) dont les financements sont en forte croissance ».
Les auteurs font donc plusieurs propositions pour que le ministère de l’Agriculture retrouve une « place utile et visible dans l’appui aux politiques agricoles en Afrique » et que « les autres acteurs ministériels » cessent de « diluer son action ». En interne, il s’agirait de créer une « mission Afrique » qui coordonnerait les actions au sein du ministère. Cette mission pourrait porter, jusqu’au niveau interministériel, une « Initiative emploi-souveraineté alimentaire » pour la « contribution du secteur privé au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Afrique ». En externe, ils plaident notamment pour une meilleure coordination des directions du ministère de l’Agriculture avec l’Agence française de développement (AFD) et le Cirad, afin de « réconcilier davantage les questions commerciales et l’aide au développement ».
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Au-delà de l’Afrique, les inspecteurs estiment que « l’aide publique au développement en faveur de l’agriculture n’est quasiment plus identifiable et donc évaluable ». Ils soulignent d’ailleurs que le secteur agricole « ne fait plus partie des enjeux prioritaires au sein des relations entre la France et l’Afrique, en dehors d’effets d’annonce de quelques sommets, y compris les plus récents, bien éloignés des réalités du terrain ».