Dans un rapport commandé par trois ONG françaises de développement (CCFD Terre solidaire, Action contre la faim, et Oxfam France) et publié ce 9 février, le cabinet d’étude Basic pointe du doigt le manque de priorité donnée à « l’agroécologie » dans les soutiens publics français aux pays éligibles à l’aide au développement. Selon ce rapport, 13,3 % des aides « ont réellement bénéficié à la transformation agroécologique » et 23,6 % « se sont faits au détriment d’une transition agroécologique ». La part dédiée à « l’agro-industrie » serait en « forte progression », or pour les associations, « il n’est pas possible de soutenir en parallèle ces deux modèles agricoles. Ils sont aux antipodes l’un de l’autre et ne sont en aucun cas complémentaires. Toute initiative agro-industrielle dans un pays donné y hypothèque le capital politique de l’agroécologie ».
Ce rapport est publié en plein examen du projet de loi de Programmation relatif au développement solidaire. Les trois ONG font trois préconisations : elles demandent une réorientation « massive » de ces fonds en fonction des « demandes de développement des pays » ; elles plaident pour une plus grande transparence, après avoir dû, pour réaliser ce rapport, « faire un énorme travail de tri, d’analyse et d’agrégation dans huit bases de données différentes qui se contredisaient quasiment toutes ». Enfin, elles demandent une plus grande cohérence entre les politiques commerciales de la France avec ces pays et ses « objectifs développementalistes ».
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D’autres objectifs sont également passés au crible ; selon l’étude, trop peu de soutiens financiers agricoles affichent « une volonté de réduction de la pauvreté (19 %). De même, peu des soutiens financiers ont « une approche genre » (3 %), ou « évoquent la question climatique (4,7 %), intègrent « la dimension de l’agriculture familiale » (10,9 %), ou « s’intéressent à la thématique de la nutrition (9,2 %)