Le ministère de l’Agriculture a annoncé que la région MPLR a trouvé une solution avec les Agences de l’eau pour réabonder l’enveloppe des aides bio, lors de l’AG de la Fnab à Paris, le 5 avril. Selon l’ARF, toutes les régions sont en train de chercher une solution. Mais le contexte économique difficile ne leur facilite pas la tâche.
« En région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, les agences de l’eau ont accepté de mettre davantage », a déclaré Luc Maurer, conseiller politique agricole du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, lors de l’assemblée générale de la Fnab (agriculteurs bio), le 5 avril à propos des aides bio. Gérées par les régions sur la période 2014-2020, les aides bio ont, dans certaines régions, été quasiment totalement consommées dès 2015. En MPLR, une solution semble avoir été trouvée. Pour les autres régions, « je veux croire qu’elles sont en train de travailler aux maquettes (des financemens du fonds européen Feader, NDLR) », poursuit Luc Maurer réagissant à l’absence de représentants des régions à l’AG de la Fnab. L’Association des régions de France (ARF) le confirme : « Le travail est en cours. »
Des difficultés
Dans les régions, « le travail est en cours. »
Mais trouver de nouvelles ressources financières n’est pas chose simple. « Même en ayant anticipé (la vague de conversion) et, pour certaines régions, plafonné les aides, il manque », regrette l’ARF. De fait, rien qu’en 2015, 200 000 nouveaux hectares sont passés au mode bio. Ces dossiers de conversion expliquent en partie la forte consommation des aides bio. Mais ce n’est pas tout. Luc Maurer explique : « C’est normal d’avoir une forte consommation la première année, car il y a un renouvellement des contrats. » Enfin, l’ARF rappelle aussi que les enveloppes fonctionnent comme des vases communicants : « Avec la crise sur l’élevage, nous avons aussi des engagements sur le plan de modernisation et sur le PCAE (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations) ». Finalement, certaines régions ont totalement consommé leur enveloppe pour les aides bio. La région la plus en difficulté semble être la région MPLR : sur les 90 M€ programmés, 88,8 ont été dépensés.
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Des solutions
Mais c’est aussi la région où une solution a été trouvée grâce aux apports des Agences de l’eau. Par ailleurs, les inquiétudes de l’ARF sur les crédits de l’État devraient se dissoudre. « Les crédits de l’État sont là », affirmait Luc Maurer devant les professionnels. Ainsi, les crédits État/Région doivent atteindre 180 millions d’euros par an en 2020. « Il s’agit d’un doublement. En 2012-2013, nous étions à 90 millions d’euros », rappelle le conseiller du ministre. Si de nouvelles ressources ne sont pas mobilisables, l’ARF, qui rappelle travailler avec la profession au niveau des régions, s’interroge : « Est-ce qu’il ne faudrait pas un peu moins en première année, mais assurer des crédits sur toute la période plutôt que de tout consommer en première année ? » D’autres idées convergent vers la nécessité de mobiliser les Agences de l’eau « en particulier sur les zones de captage ».
La Fnab adopte une Charte pour promouvoir la bio « comme un vecteur de progrès humain »
La Fnab (agriculteurs bio) a adopté une Charte fédératrice pour « promouvoir la bio comme vecteur de progrès humain », lors de son assemblée générale à Paris, le 5 avril. « L’agriculture bio n’est pas qu’un modèle de production », a affirmé Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. La Charte rappelle que l’agriculture bio constitue un projet d’évolution profonde de l’organisation agroalimentaire actuelle vers une économie durable relocalisée, plus juste et plus solidaire. Son adoption concorde avec la plus grande vague de conversions qu’ait connue la filière ces dernières années. L’idée est de « garder les valeurs de la Fnab à grande échelle ». Les craintes de la filière portent sur une « industrialisation » du bio qui s’affranchirait des valeurs inscrites dans la Charte. « Conçue comme un document fédérateur, elle a également vocation à être signée le plus largement possible », lit-on dans le document. La filière pense notamment aux distributeurs qui s’intéressent de plus en plus au bio.