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Biomasse-énergie Airbus mise sur 15% de kérosène renouvelable en 2020

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Airbus mise sur l’utilisation par l’aviation de 15% de kérosène renouvelable en 2020, a indiqué Nicolas Mouney, chargé des carburants alternatifs à la compagnie aérienne. Il s’exprimait lors d’un colloque sur la biomasse-énergie organisé le 3 décembre par le député Stéphane Demilly, qui est le président du groupe d’étude sur les biocarburants à l’Assemblée nationale. Ce colloque a été l’occasion d’évoquer plusieurs projets dans le domaine des bio-énergies.

Airbus mise sur l’utilisation par l’aviation de 15% de kérosène renouvelable en 2020, à partir de biomasse, et de 30% en 2030, a indiqué Nicolas Mouney, chargé des carburants alternatifs à la compagnie. Lors d’un colloque sur la biomasse-énergie organisé le 3 décembre par le député-maire d’Albert (Somme) Stéphane Demilly dans sa commune, il exposé la préoccupation de sa compagnie de développer les carburants alternatifs et renouvelables. En 2012, l’aviation européenne sera soumise au système d’échanges des quotas de CO2, a-t-il indiqué. « L’aviation veut être exemplaire » dans le domaine des émissions de CO2.

Le BTL pour l’aviation devrait être certifié en 2013
« Nous espérons qu’une filière de kérosène à partir de biomasse sera au point en 2020 », a-t-il déclaré, évoquant les travaux de recherche menés avec la société allemande Choren Industries dans la fabrication de carburants liquides selon la méthode « biomass to liquid » (BTL). Le carburant BTL devrait être certifié pour l’aviation en 2013, espère Nicolas Mouney, qui a annoncé un vol d’Airbus en 2010 « avec un biocarburant ».
La matière première utilisée dans les usines expérimentales de BTL est constituée principalement de cellulose. Il s’agit du bois des forêts non utilisé par l’industrie du bois ainsi que de la paille. « Avec ce type de solution, le dilemme entre nourrir le monde et produire des carburants ne se pose pas », a fait observer Nicolas Mouney.

Il faudra cultiver des algues
Le BTL devrait ainsi permettre d’attendre l’objectif des 15% du bio-kérosène. Pour arriver aux 30% visés en 2030, l’aviation travaille avec des centres de recherche comme ceux de l’Institut français du pétrole (IFP), sur l’huile de biomasse hydrogénée (HBO). Pour produire l’huile nécessaire, tout en n’empiétant pas sur l’huile alimentaire, l’aviation mentionne la production d’huile par des algues. Car, autant « cultiver la surface de la France avec des tournesols permettrait de produire juste assez de carburant » pour le transport aérien domestique français, autant cultiver une surface équivalente à celle des régions Picardie et Champagne-Ardenne avec des algues « pourrait fournir plus de six fois la quantité nécessaire aux opérations d’Air France ».

Co-génération : un projet de 210 000 tonnes de bois en Picardie
Ce colloque a aussi permis d’entendre l’annonce prochaine de la première pierre d’un projet de co-génération (production d’électricité avec valorisation de la chaleur) à partir de biomasse dans la Somme. Ce projet, appelé « Kogeban », consistera à alimenter 40% des besoins en vapeur des usines d’Ajinomoto Foods Europe et de Syral (la filiale amidonnière de Tereos) du site de Nesle- Mesnil Saint-Nicaise (Somme), a indiqué Christophe Baudelet, directeur général de la Sas Kogeban. La production électrique, 16 mégawatts par an, correspondra aux besoins de 50 000 habitants. Les 210 000 tonnes de bois consommés annuellement proviendront des Ardennes, une papeterie de la région fonctionnant uniquement maintenant pour le reyclage des vieux papiers. « La première pierre de ce projet devrait être posée en janvier », a annoncé Stéphane Demilly.
Dans un souci de cohérence, le projet donnera aussi la préférence aux modes de transports « durables » : le fluvial et la voie ferrée.

Futurol construit son pilote d’éthanol de cellulose
Autre investissement annoncé lors de ce colloque : le programme Futurol, de recherche sur l’éthanol de cellulose par voie enzymatique va lui aussi démarrer « dans les jours qui viennent » la construction de son pilote de production d’une tonne par jour, a indiqué Dominique Dutartre, président du centre de recherche ARD (Agro industrie recherches et développements) et de Futurol. « Il entrera en service en novembre 2010 », a-t-il précisé.
Enfin, le directeur général du pôle de compétitivité Industries et Agroressources (IAR), Thierry Stadler, a indiqué que les projets du pôle les plus avancés concernent les biomolécules, notamment les biosolvants. « Nous travaillons depuis un an et demi sur la mise au point de biosolvants pour Poclain et Volvo. Ce programme arrive à sa fin ». Le pôle IAR s’attaque maintenant à deux nouveaux projets, labellisés, et concernant aussi les biosolvants. « Ce secteur a maintenant atteint la maturité », a-t-il commenté.

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