Face aux nouvelles taxes américaines imposées depuis le 12 janvier, le président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, Norbert Lins (Démocrates-Chrétiens) invite, dans une lettre adressée le 20 janvier à la Commission européenne, à mettre en place un moratoire aux sanctions liées à l’affaire Airbus/Boeing.
En raison de l’imposition de nouvelles taxes additionnelles de 25 % imposées par Washington depuis le 12 janvier dans le cadre de l’affaire Airbus/Boeing sur les vins non pétillants et les spiritueux à base de raisin (cognac, brandy), le président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, Norbert Lins (Démocrates-Chrétiens), et la majorité des groupes politiques de ladite commission, ont adressé le 20 janvier, une lettre au commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, l’appelant à négocier avec l’administration du président Biden (intronisé le 20 janvier) un moratoire sur les sanctions des deux côtés de l’Atlantique afin de trouver une solution efficace et durable à ce différend. Se félicitant de l’initiative prise par le Parlement européen, le président de la Fédération européenne des vins d’origine (EFOW), Bernard Farges, compte « sur le commissaire au Commerce Valdis Dombrovskis, mais aussi sur la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, pour contacter la nouvelle administration Biden dans les prochains jours afin de lui proposer un moratoire et un cadre pour négocier une solution définitive à ce différend ».
D’autre part, Norbert Lins reprenant la demande d’Irène Tolleret (centriste) et de soixante eurodéputés (2), appelle également Bruxelles à octroyer une aide financière supplémentaire aux secteurs agroalimentaires fragilisés par ce conflit via la mise en place d’un fonds compensatoire.
Mesures exceptionnelles et de marché
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Présente lors d’une réunion de la commission de l’Agriculture du Parlement européen le 14 janvier, la Commission européenne a déjà indiqué qu’elle était prête à prolonger jusqu’à octobre 2021 les mesures de soutien exceptionnelles en faveur du secteur vitivinicole, fragilisé à la fois par la pandémie de Covid-19 et les différentes taxes américaines. Dans ce contexte, l’exécutif européen a indiqué qu’il fallait « faire preuve de solidarité, car beaucoup de secteurs agricoles sont déjà touchés (olives, fromages notamment) et d’autres pourraient l’être à l’avenir ». Ainsi, la Commission pourrait dans un avenir proche augmenter la contribution de l’UE aux programmes nationaux, procéder à des avances aux opérateurs pour la distillation et le stockage de crise. S’agissant des mesures de marché, la Commission a expliqué qu’elle n’était pas capable à l’heure actuelle, de promettre l’adoption de nouvelles aides en faveur des secteurs visés, en raison de la limitation du budget de la Pac. Toutefois, celle-ci a précisé qu’elle allait procéder à un examen approfondi afin de voir si une aide supplémentaire pouvait se justifier.
(1) Voir n° 3773 du 11/01/2021
(2) Voir n° 3774 du 18/01/2021