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Aisprid peaufine son prototype de robot pour la récolte de tomates

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Les fondateurs d’Aisprid (de gauche à droite): Pierre-Edouard Hannoush, Nicolas Salmon et Morgan Kervoern Crédits : © Aisprid

La start-up Aisprid basée à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) finalise ses prototypes de machine autonome pour cueillir légumes et fruits fragiles. Elle se positionne comme une solution alternative aux producteurs confrontés au manque structurel de main d’œuvre.

La start-up malouine Aisprid est en train de finaliser les prototypes de son robot autonome de récolte des fruits fragiles, en vue de lancer la production en présérie en fin d’année. « A niveau international, c’est la course à qui va être le premier à avoir un robot qui marche bien et qui puisse être passé à l’échelle commerciale », indique le CEO et co-fondateur d’Aisprid Nicolas Salmon. L’enjeu en ligne de mire : pouvoir apporter une « solution alternative » aux producteurs confrontés au manque structurel de main d’œuvre, pour « maintenir dans un premier temps une production locale, voire l’augmenter », ajoute-t-il.

Initialement portée sur la fraise, Aisprid a élargi le champ d’action de son robot - baptisé Harvy - à la tomate et plus généralement aux productions maraîchères produites sous serre high tech, avec un système de rails au sol.

Testé « chez plusieurs producteurs depuis début 2021 », le savoir-faire de Harvy tourne autour de trois axes : la cueillette, l’effeuillage des plants et la collecte de données pour l’aide à la décision (détection d’insectes et de maladies, optimisation des rendements, modèles prédictifs...) « Au-delà de savoir identifier les fruits, leur maturité, et d’approcher un bras mécanique pour venir les saisir, il y a beaucoup d’autres problèmes à résoudre pour avoir un produit qui est vraiment complet », détaille le cofondateur.

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Une prochaine levée de fonds prévue fin 2023

Dans son mode opératoire, Aisprid ne vend pas ses robots, mais loue ses services au maraîcher. Elle installe le nombre de robots nécessaire sur les parcelles désignées et facture le producteur selon le service réalisé, en « s’alignant » sur le coût de la main d’œuvre humaine. « Peu importe la vitesse du robot, l’essentiel pour le producteur est que le travail soit fait », assure Nicolas Salmon.

Aisprid peut aussi « investiguer et dépanner certains problèmes à distance » et envoyer un technicien pour réparation le cas échéant, si un défaut électronique ou mécanique est identifié. « Il faut que ce soit zéro tracas pour le producteur, on est finalement un peu comme une agence d’intérim de robots ».

Créée en 2021, Aisprid est une start-up identifiée à la fois deeptech (qui propose des technologies de rupture grâce à la R&D, ndlr) et industrielle, car elle projette d’assembler ses robots à Saint-Malo et ainsi de créer des emplois industriels en France. Actuellement hébergée dans une pépinière d’entreprises, Aisprid va déménager « en juillet » dans ses propres locaux. Forte d’une équipe de 13 personnes, la société compte embaucher sept personnes supplémentaires d’ici la fin d’année. Après une première levée de fonds de 4,6 millions d’euros en juin 2021 auprès de Demeter, Go Capital, Breizh Up, ainsi que BPI France et quelques autres acteurs bancaires (Banque Populaire Grand Ouest, Caisse d’Epargne, BNP et Crédit Mutuel de Bretagne), Aisprid prévoit de faire appel à de nouveaux investisseurs fin 2023. La société ne communique pas son chiffre d'affaires.