Certes, les Britanniques ont toujours eu un sentiment européen assez "particulier". Mais l’organisation même du référendum auquel ils étaient conviés le 23 juin sur le maintien ou non de leur pays dans l’Union – dont les résultats devaient être connus le lendemain au petit matin – va dans le sens de ceux qui, dans les autres États membres, sont lassés voire irrités par l’immobilisme et les atermoiements de « Bruxelles ». Certes les « eurocrates » ont bon dos, leur action étant de plus en plus limitée par le manque d’ambition de la plupart des capitales de l’UE, qui sont elles-mêmes confrontées à un populisme national rampant, quand elles ne le nourrissent pas. Il n’en reste pas moins que l’exécutif européen ne renvoie pas l’image d’une Union porteuse. Ce ne sont pas les agriculteurs qui diront le contraire à la veille d’un Conseil des ministres qui s’annonce peu productif, alors que dans certains secteurs, celui du lait en tête, leurs exploitations vacillent. À cette crise s’ajoutent lourdeurs administratives, lenteurs dans le versement des aides et contraintes du verdissement. Et puis il y a l’avenir de la Pac, l’après-2020, qui commence à inquiéter. Comme il se doit, les « think tanks » commencent à s’agiter, et à se contredire. Mais on ne sent pas les responsables européens prêts à s’investir, prêts à réfléchir plus loin que les frontières imposées par l’orientation libérale en vogue et le budget. De toute évidence, il n’y a pas que l’économie qui a besoin d’un sursaut. Et, en l’occurrence, le référendum britannique, quelle que soit son issue, a, d’une certaine façon, sonné l’alarme.

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