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HALAL/BOUCHERIE Alazard et Roux veut maîtriser sa distribution halal

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Alazard et Roux s'est lancé dans l'abattage halal en 2011. Pour assurer ses débouchés commerciaux, ce boucher et transformateur provençal a décidé de créer ses propres réseaux de boucheries traditionnelles et de restauration.

Alazard et Roux change de stratégie pour la diffusion de ses produits halal en lançant son propre réseau de distribution de détail en boucherie traditionnelle et en restauration de périphérie. L'entreprise octogénaire de Tarascon (13) a racheté en 2011 les abattoirs municipaux de Carpentras et investit 2 millions d'euros pour développer cette filière. « Nous avons essayé de pénétrer le marché des boucheries halal avant de nous apercevoir que ces magasins cherchent avant tout à se fournir à moindre prix, explique Oliver Roux, président de Alazard et Roux, spécialiste de la transformation de viande (bœuf, agneau, porc, taureau) issue d'élevages régionaux, la charcuterie et les plats cuisinés. Nous sommes 20 à 30 % plus cher que leurs fournisseurs. Nous misons désormais sur une clientèle plus aisée soucieuse de la traçabilité totale du produit. Nous proposons donc de la viande de boucherie, et pas de la vache laitière réformée, qui vient exclusivement de notre filiale Les Abattoirs du Sud à Carpentras. Nous nous différentions de concurrents qui traitent le halal et le traditionnel dans les mêmes établissements ». Pour atteindre cet objectif, Olivier Roux a ouvert avec un associé une boucherie pilote de 250 m2 à l'entrée nord d'Arles qui propose de la viande halal et des plats cuisinés. La formule, une fois validée, sera dupliquée en franchise. Depuis le 2 mars, sur la zone commerciale régionale d'Avignon-Nord, en face d'Ikea, Alazard et Roux a lancé avec un autre associé sur 458 m2, une nouvelle chaîne de restaurants halal baptisée La Sultana, destinée, elle aussi à la franchise.

Depuis son abattoir de Tarascon, l'entreprise (85 personnes) qui a réalisé 23 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014, dont 3 millions avec l'abattoir halal a été un des principaux soutiens de la création des filières taureaux et mérinos de Camargue. Ce transformateur de viandes a également contribué au lancement de la production des « porcs du Ventoux » avec des bêtes élevées en semi-liberté. Alazard et Roux a aussi repris l'ancien abattoir ovin de Saint-Saturnin-les-Apt spécialisé, depuis, dans la viande porcine. En 2011, l'entreprise camarguaise s'est également diversifiée en lançant, en restauration, une formule de fast food à la provençale avec un établissement à Saint-Rémy-de-Provence et un second à Avignon-Nord. Ce dernier réorganisé sur un format réduit de 100 m2 laisse son local initial à la Sultana.

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UN MARCHÉ DE 5 MILLIARDS D'EUROS

Dans sa récente étude sur le marché halal menée auprès des consommateurs, le cabinet Solis estime le marché français à 5,5 milliards d'euros. « Avec 73 % de parts de marché, le circuit traditionnel (boucheries musulmanes, épiceries, supérettes orientales, magasins d'abattoirs, fermes) assure l'essentiel de la distribution, devant la RHF (fast food, kebab…) avec 20 % et la GMS avec 7 % », souligne Abbas Bendali, dirigeant de ce cabinet spécialisé en marketing ethnique, identitaire, affinitaire et multiculturel. La clientèle d'environ 5 millions de personnes est à 70 % maghrébine, 30 % d'origine subsaharienne. Parmi les produits préférés de ces consommateurs originaires du Maghreb, la charcuterie reste en tête à 86 % (+ 6 points depuis 2011) suivi par les bouillons cube à 43 % (+11 pts) et les sauces à base de tomates à 29 % (6 pts). Les acheteurs s'orientent d'abord vers les marques halal historiques comme Dounia, Isla Délice, El Saada, Isla Mondial, Medina, Zakia Halal… (94 %) mais aussi vers les grandes marques déclinées en halal (69 %) et les MDD (62 %), mais délaissent les produits sans marques (3 %).