Après avoir proposé un agrandissement du pictogramme interdisant la consommation d’alcool aux femmes enceintes, Agnès Buzyn s’est attiré les foudres de 9 médecins parmi lesquels Michel Reynaud, président du Fonds action addiction, et Nicolas Simon et Bernard Basset, président et vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. Selon eux, les mesures contre l’alcoolisme figurant dans le plan en faveur de la prévention présenté le 26 mars par le gouvernement sont purement « cosmétiques ». Ils demandent par ailleurs que le message sanitaire « l’abus d’alcool nuit à la santé » soit remplacé par « l’alcool nuit à la santé ».
Une proposition rejetée par la ministre de la Santé dès le lendemain. Selon elle, cette formule « peut laisser penser qu’on est pour une action de prohibition, c’est-à-dire qu’on ne veut pas d’alcool du tout, or ce n’est pas le cas aujourd’hui. » En dépit de cette recommandation venant du Haut conseil de santé publique, elle préfère insister « sur le fait que l’alcool nuit à la santé de manière proportionnelle à la dose et que chacun doit être en capacité de choisir » sa consommation d’alcool.
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Au sujet d’un lobby de l’alcool auquel elle aurait cédé, la ministre a réfuté le fait d’avoir changé de ligne. Selon elle, « il y a un lobby, mais ma bataille n’est pas de lutter contre les lobbies, elle est de faire de l’information ». Une position qui rejoint celle d’Emmanuel Macron. À l’occasion de l’inauguration du dernier Salon de l’agriculture, le président de la République avait déclaré : « Tant que je serai président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin » restreignant la publicité pour les boissons alcoolisées.