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Prévention Alcool : Buzyn et Travert ouvrent la concertation avec les professionnels

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Si la filière viticole veut insister sur son rôle de force de proposition dans le cadre de la consommation modérée, des médecins et des militants contre l'alcoolisme recommandent de créer une taxe en fonction du contenu en grammes d'alcool, d'instaurer un prix minimum par unité d'alcool et d'avertir sur la dangerosité de l'alcool.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, ont ouvert la concertation sur la prévention de la consommation d’alcool avec les professions viticoles, ont indiqué les deux ministères. Les deux ministres ont rencontré le 12 avril des représentants de la profession viticole. L’un d’eux, Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, a salué cet échange qui permet à la filière viticole de s’affirmer comme force de proposition dans la politique de modération. 

Les ministres ont proposé un cadre de travail commun « permettant de définir des mesures à même d’améliorer la lutte contre les addictions et prévenir les dommages sanitaires et sociaux qui en résultent », indique le communiqué commun des deux ministères. Ces derniers ont rappelé leur attachement à un discours public de responsabilité et de sensibilisation de la population « dès lors qu’il est aussi reconnu que la consommation de vin fait partie du patrimoine gastronomique français et du rayonnement des produits des territoires français à l’international ».

Des médecins à l'offensive contre l'alcool

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Des médecins ont plaidé le 16 avril pour l'instauration d'un prix plancher par unité d'alcool afin de décourager une consommation excessive. Ces médecins avaient déjà interpellé début mars le président de la République Emmanuel Macron qui avait confié boire "du vin le midi et le soir" et assuré que la loi ne serait pas durcie sous son mandat. "Nous témoignons des risques de l'alcool, responsable annuellement en France de 49 000 morts dont 15 000 cancers", écrivent-ils. 

Ils proposent "10 mesures efficaces", dont celle qui consisterait à "taxer l'alcool proportionnellement au contenu en grammes d'alcool et définir un prix minimum de vente par unité d'alcool", quelle que soit la boisson. Leurs autres propositions visent à faire passer le message de la dangerosité de l'alcool. "Indiquer sur les contenants la quantité en grammes d'alcool et de sucre, le nombre de calories de manière claire, lisible et contrastée", suggèrent-ils. "Interdire sur tout support toutes les mentions supplémentaires non légales du type : à consommer avec modération" et "inscrire sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée la mention : l'alcool est dangereux pour la santé+ de manière claire, lisible et contrastée", ajoutent-ils.

* Les signataires sont des addictologues, Amine Benyamina, Michel Reynaud et Nicolas Simon, des spécialistes de santé publique, Bernard Basset et Gérard Dubois, des pneumologues, Irène Frachon et Albert Hirsch, l'épidémiologiste Catherine Hill, et le nutritionniste Serge Hercberg.