Envisagé par Bercy, le relèvement de la fiscalité sur l’alcool a provoqué une levée de boucliers. La Première ministre a finalement écarté le projet.
« Il n’y a pas du tout de projet d’augmenter les taxes sur l’alcool, donc voilà, je pense qu’on peut le dire très clairement : ça ne fait pas partie des projets du gouvernement », a déclaré le 23 août Elisabeth Borne sur France Bleu. Mi-juillet, une hausse des droits d’accises sur l’alcool était pourtant « quasiment arbitrée », selon un député de la majorité cité par le journal Les Echos. « La hausse serait de l’ordre de 0,3 centime par bouteille de vin et pourrait s’élever à 1 ou 2 euros pour les alcools forts », précisait le quotidien économique. Le mécanisme prévu était d’indexer ces droits d’accises sur l’inflation de l’année N-1, sans plafond ; leur hausse est actuellement indexée sur l’année N-2 et plafonnée à 1,75 %. Interrogé lors des questions au gouvernement le 18 juillet, François Braun indiquait « penser essentiellement aux alcools forts ».
L’ancien ministre de la Santé avait promis une « consultation large sur le PLFSS » (financement de la sécurité sociale), tout en rappelant que « notre combat n’est pas contre une filière », mais contre « la consommation excessive d’alcool ». Un message repris par le nouveau ministre des Comptes publics Thomas Cazenave le 3 août, qui assurait avoir « conscience » du « désarroi » et des « difficultés économiques » des viticulteurs. « Les discussions continuent avec le ministère de la Santé, on aura l’occasion d’en reparler au mois de septembre », selon lui.
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Elus et professionnels mobilisés
Durant l’été, des députés de tous bords et des professionnels étaient montés au créneau. Le 21 août sur BFM TV, le président du conseil spécialisé Vin à FranceAgriMer Jérôme Despey avait rejeté l’idée de « taxer encore plus un secteur qui est en difficulté dans de nombreux bassins de production » : un plan d’arrachage de 9 500 ha est mis en œuvre dans le vignoble bordelais et une campagne nationale de distillation est lancée pour 3 Mhl de vin. « Ça ne serait vraiment pas supportable pour le secteur », d’après lui. Et de rappeler la « succession d’aléas » touchant les producteurs, entre Covid, hausse des prix, baisse de consommation.
Via deux courriers séparés, 71 députés de tous bords politiques, membres du groupe d’études Vigne et vin de l’Assemblée, s’étaient également opposés au projet de Bercy. Dans une lettre envoyée le 11 juillet au ministre de la Santé d’alors, François Braun, 44 députés de la majorité s’inquiétaient de l’impact d’une « augmentation excessive des taxes » dans des « régions viticoles déjà en crise pour quelques-unes d’entre elles ». Le 24 juillet, 27 députés de droite et d’extrême-droite avaient écrit, eux, au ministre de l’Agriculture, afin de demander au gouvernement de « reconsidérer sa position ».