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Alcool : un plan de prévention « définitif » attendu pour le « début de l’été »

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Le gouvernement et les filières « boissons alcoolisées » doivent « co-construire » un plan de prévention d’ici le début de l’été, annonce Vin et société.

Après avoir présenté fin mars les grandes lignes d’un plan de prévention concernant la consommation d’alcool, le ministère de la Santé présentera d’ici le « début de l’été » un plan de prévention « définitif », annonce Vin & société (filière viti-vinicole) dans un communiqué le 18 avril. Ce plan actuellement piloté depuis Matignon par les conseillers agriculture et santé doit être « co-construit » avec les professionnels, indique son président Joël Forgeau. Pour ce faire, chaque filière boissons alcoolisées doit présenter aux pouvoirs publics son propre plan de prévention, qui concerne les pratiques de la filière (ainsi les fêtes viticoles « responsables »).

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, avaient ouvert la concertation sur la prévention de la consommation d’alcool le 12 avril en rencontrant des représentants de la profession viticole.

Quatre jours plus tard, des médecins et militants contre l’alcoolisme ont plaidé le 16 avril pour l’instauration d’un prix plancher par unité d’alcool afin de décourager une consommation excessive. Ces médecins avaient déjà interpellé début mars le président de la République Emmanuel Macron qui avait confié boire "du vin le midi et le soir" et assuré que la loi ne serait pas durcie sous son mandat. "Nous témoignons des risques de l’alcool, responsable annuellement en France de 49 000 morts dont 15 000 cancers", écrivent-ils. Ils proposent "10 mesures efficaces", dont celle qui consisterait à "taxer l’alcool proportionnellement au contenu en grammes d’alcool et définir un prix minimum de vente par unité d’alcool", quelle que soit la boisson.

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« Inacceptables, moralisatrices et à rebours de l’histoire »

Leurs autres propositions visent à faire passer le message de la dangerosité de l’alcool. "Indiquer sur les contenants la quantité en grammes d’alcool et de sucre, le nombre de calories de manière claire, lisible et contrastée", suggèrent-ils. "Interdire sur tout support toutes les mentions supplémentaires non légales du type “à consommer avec modération” " et "inscrire sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée la mention “l’alcool est dangereux pour la santé” de manière claire, lisible et contrastée", ajoutent-ils.

Des propositions « inacceptables, moralisatrices et à rebours de l’histoire », selon Vin et société. « C’est une véritable croisade qui est engagée contre le vin par certaines associations », aux yeux de la filière. « Elle vise à limiter l’accès au produit en proposant notamment une taxation des boissons alcoolisées qui ne fera plus aucune distinction entre la consommation modérée et la consommation excessive, pénalisant ainsi les 31 millions de consommateurs occasionnels de vin, dès le premier verre ». Vin et société privilégie la prévention contre les « abus liés à la consommation de boissons alcoolisée et de cibler les populations à risques ».

« C’est une véritable croisade qui est engagée contre le vin par certaines associations »