Dans trois semaines, les résultats du commerce extérieur de la France pour 2009 seront sans doute connus. Pour les produits agricoles et agroalimentaires, le bilan sera  désastreux. Déjà, sur les onze premiers mois, l’excédent se contracte de 41 % avec l’Union européenne et de 26 % avec les pays tiers. C’est, principalement le volume des exportations qui est en baisse tant en produits bruts que transformés. Ici ou là des déficits inattendus apparaissent (alcools). L’exemple des céréales montre aussi toute la difficulté de maintenir un flux régulier et important de ventes à l’étranger. Ailleurs, comme dans le sucre, ce sont les règles frôlant souvent l’absurde de la part de l’Europe qui empêchent d’exporter alors que le marché mondial est demandeur.
La place de la France sur les marchés internationaux s’effrite, donc. Le ministre de l’agriculture a beau souligner que la position française dans l’agroalimentaire a reculé, personne ne semble s’en émouvoir beaucoup. Pourtant, ce type de régression est souvent cumulatif et pourrait s’avérer difficile à redresser. En deçà d’un certain volume de produits français dans une région, la régression peut s’accélérer, la masse critique n’étant plus suffisante pour justifier de gros efforts de publicité, de promotion ou de présence de commerciaux dans les pays concernés.
C’est aussi à un défi de ce genre que la loi de modernisation de l’agriculture doit tenter de faire face. Une loi jugée aujourd’hui favorablement pour ses objectifs mais un peu courte quant à sa portée. Les agriculteurs doivent pouvoir mieux se défendre, réguler leur revenu, bénéficier de prix rémunérateurs. Mais ils ont aussi tout à gagner à ce que la France soit un exportateur puissant. C’est ce qui fait que la variable prix doit être maniée avec précaution.

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