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Alerte rouge sur les tomates et poivrons face au virus ToBRFV

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Après une alerte de l'Anses le 4 janvier, l'AOPn Tomates et Concombres a appelé la filière tomate à redoubler de vigilance face au risque élevé d'introduction du virus ToBRFV en France. Le ministère de l’Agriculture lui a emboîté le pas en annonçant, le 6 février, plus de 350 inspections visuelles et 500 prélèvements systématiques pour 2020.

Le 4 janvier, l’Anses alertait contre le risque élevé d’introduction et de propagation du virus Tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV) dans l’Hexagone. Un virus émergent et très contagieux pour les tomates, piments et poivrons cultivés en pleine terre et sous serre. Dans la foulée, l’AOPn Tomates et Concombres de France a appelé l’ensemble de la filière tomate à redoubler de vigilance. Par voie de communiqué de presse, elle a demandé aux producteurs de renforcer le contrôle des semences, plants, plantes, fruits, outils de manutention et de récolte ; d’affilier les opérateurs à des postes et sites uniques de production et enfin de restreindre l’accès aux serres. L’Association de producteurs a aussi appelé les professionnels et jardiniers amateurs à signaler rapidement, aux services de l’État toute suspicion de symptômes sur feuilles, fleurs et fruits, afin de permettre la mise en place de mesures d’éradication.

8% de fruits contaminés aux Pays-Bas

« C’est un virus qu’on suit depuis son apparition en Israël il y a six ans […] et on est particulièrement inquiets parce qu’il s’est rapproché de nous ces dernières années, a réagi Bruno Vila, vice-président de l’association. Il est aujourd’hui aux portes de la France. » Après Israël en 2014 et la Jordanie en 2015, des cas ont été signalés au Mexique, aux États-Unis, en Allemagne et en Italie en 2018. D’autres sont apparus depuis en Chine, en Turquie, en Grèce, au Royaume-Uni, en Espagne, et surtout aux Pays-Bas, qui comptabilisent actuellement 8 % de fruits contaminés (principalement la tomate), selon un avis de l’Anses daté du 14 janvier.

Le virus ToBRFV est particulièrement contagieux. D’après l’Anses, il peut garder son pouvoir infectieux pendant plusieurs mois, y compris sur des supports inertes, et résiste à de longues distances – par exemple lors d’échanges commerciaux. En plus d’une contamination par voie végétale, manuelle ou mécanique, il peut aussi être transmis par les insectes pollinisateurs, les oiseaux et l’eau d’irrigation. Or, « aucun traitement ou aucune variété résistante n’existe aujourd’hui contre ce virus », souligne l’Agence de sécurité sanitaire, en précisant que « la magnitude de l’impact économique est estimée haute » pour la France métropolitaine.

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Le 6 février, le ministère de l’Agriculture a confirmé par communiqué de presse la mise en place d’une surveillance renforcée sur tout le territoire. Plus de 350 inspections visuelles sur cultures de poivrons, tomates et aubergines (ndlr. une plante potentiellement hôte) et plus de 500 prélèvements systématiques sont prévus pour l’année en cours. Le virus ToBRFV sera également recherché sur les végétaux et produits végétaux importés de pays extra-européens. Des mesures d’urgence qui s’additionnent à celles déjà en place au sein de l’Union européenne depuis novembre 2019 (voir article suivant).

D’autre part, si le virusToBRFV affecte la qualité gustative des fruits et rend ceux-ci impropres à la commercialisation, « il n’a pas d’impact sur l’homme » souligne le ministère.

Le virus ToBRFV est aujourd’hui « aux portes de la France »