« Deux groupes industriels ukrainiens, MHP et PCC, dirigés par des oligarques, projettent d’installer deux gigapoulaillers-usines en Croatie », alerte Anvol (interprofession des volailles de chair) dans un communiqué le 22 mai. Des projets qui constituent selon elle « un grave danger pour les éleveurs français », car ils pourraient faire passer la production croate à 235 millions de poulets par an, contre 45 actuellement (la France en produit environ 800 millions). « Cette augmentation correspond à la production de poulets de la région des Pays de la Loire » (deuxième région avicole française), s’émeut l’interprofession. Et Anvol de préciser que le premier exportateur ukrainien MHP prévoit « la construction de 200 poulaillers représentant 8 millions de poulets » – une taille importante y compris comparé au modèle moyen ukrainien (« une quarantaine de bâtiments pour deux millions de volailles »). Autant de volumes qui échapperont au « frein d’urgence » sur les importations ukrainiennes, récemment adopté par l’UE pour rétablir des droits de douane au-delà d’un certain volume (137 000 t en 2024).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lire aussi Œufs : crainte d’importations « massives » d’Ukraine
À deux semaines des élections européennes, l’interprofession française demande aux candidats de « se prononcer clairement contre le soutien financier de l’UE à ce type de projets (Berd, BEI, etc.) ». Comme elle le rappelle, le groupe MHP a « reçu près de 400 M€ de la Berd (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) depuis 2008 ». Hors de l’UE, MHP a racheté sept élevages en Albanie et au Kosovo (pour 16,8 M€), apprend-on sur Poultry World. Le groupe affiche des exportations en hausse de 8 % en 2023 (à 396 923 t), « principalement en raison de volumes accrus de poulet vendus en UE, ainsi que de poulets entiers dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord ».