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Algaia entame une nouvelle étape de son développement après son rachat par l’allemand JRS

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Algaia est un spécialiste de la valorisation de la biomasse algale et de la co-extration de composés et d'actifs Crédits : © algaïa

  Algaia vient d’être racheté en totalité par le groupe familial allemand JRS. Un changement d’actionnaires qui ne modifie pas la feuille de route du spécialiste des solutions à base d’algues, mais qui vient en revanche élargir les activité de JRS, lui même spécialiste reconnu dans la production d’ingrédients fonctionnels issus de matières premières végétales.

Le groupe JRS, un groupe familial allemand comptant parmi les leaders dans la production d’ingrédients fonctionnels issus de matières premières végétales a annoncé le 22 mars 2023 le rachat de 100% du capital de la société Algaia, spécialiste des solutions à base d’algues. Cette reprise effectuée auprès de tous les actionnaires (le fonds SuperNova Invest, l’israélien Maabarot, la société Sapec (famille Velge) et les trois cofondateurs dirigeants), englobe le centre R&D d’Algaia à Saint-Lô (Normandie) et son site de production à Lannalis (en Bretagne). « Algaia se réjouit d’apporter son innovation et son expertise commerciale de longue date dans les hydrocolloïdes et les ingrédients agricoles ainsi que son savoir-faire exclusif en matière de bioraffinerie à JRS », a ajouté Frédéric Faure, PDG d’Algaia, cité dans le communiqué.

En 2018, JRS avait racheté l’ancienne usine de production d’alginates du groupe DuPont en Bretagne, « une opération qui leur a permis de diversifier leurs sources, notamment pour leurs applications pharmaceutiques, les alginates étant une source marine intéressante dans ce domaine. L'acquisition d'Algaia marque une nouvelle étape dans leur activité algues et leur permet de consolider leur savoir-faire, estime Franck Hennequart, un des cofondateurs, mais aussi directeur recherche & innovation d’Algaia. Filiale de JRS, Algaia conserve son identité propre et « continuera à travailler comme elle l’a fait depuis la création, sur l’approche de la bioraffinerie en utilisant les coproduits générés lors de la production des alginates pour les valoriser notamment vers des applications agricoles, mais aussi en cosmétique et dans l’alimentation animale ».

Des travaux de recherches toujours en cours

En agroalimentaire, « nous travaillons sur de nouvelles technologies qui nous permettront de fonctionnaliser les alginates avec la cellulose des algues avant extraction, afin de passer en clean label pour en faire des agents de texture qui n’entrerons pas dans la gamme additifs européenne de E400 à E405. La nomenclature européenne des additifs a de moins en moins bonne presse du fait d’amalgames. L’industriel qui utilise l’alginate clean label aura juste besoin de préciser que sa préparation, crème glacée, sauce… contient une poudre d’algue ».

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Et « sur la partie agricole, nous vendons des extraits d’algues, appelés agri-ingrédients, dont se servent des formulateurs pour fabriquer des engrais ou des biostimulants, en fonction de leur position sur le marché. Nous avons également développé et breveté un prébiotique pour le sols. Il s’agit d’un extrait d’algues destiné à rebooster la vie des sols, en réactivant certaines bactéries, notamment celles qui vont fixer le phosphore, un composé très peu mobile et que les plantes ont dû mal à absorber, ou des bactéries qui vont permettre de débloquer l’azote présent dans le sol, souvent en excédent mais pas forcément accessible », explique encore le chercheur.

Enfin, Algaia qui s’intéresse de plus en plus aux algues de culture fait également partie de deux projets, l’un financé par l’Union européenne et baptisé Seamark, l’autre le North Sea Farmer financé par le Right Now Climate Fund d'Amazon, se situe au large de la côte des Pays-Bas entre des éoliennes offshore. « Si la culture d’algues n’est pas encore très développée en Europe, cette activité deviendra prépondérante d’ici une dizaine d’années », pronostique Franck Hennequart.