Abonné

Alimentation animale : baisse d’activité « inédite » au premier semestre

- - 2 min

La production d’aliments composés pour animaux a baissé de 5,7 % sur le premier semestre 2022 (par rapport au premier semestre 2021), soit 550 000 tonnes de moins, l’équivalent de quinze usines, ont alerté les fabricants du Snia, lors d’une conférence de presse le 31 août. « Des chiffres inédits », selon le vice-président du Snia, Ludovic Michel. Dans le détail, les baisses sont de 4 % en ruminants, 4,3 % en porc et 8,2 % en volaille. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de renchérissement des matières premières agricoles, démarré après le Covid, et accentué par la guerre en Ukraine. L’indicateur Ipaa (La Dépêche Le Petit Meunier) des matières premières en alimentation animale a grimpé de 80 % depuis janvier 2020.

Ce recul est aussi à mettre sur le compte du manque « d’attractivité et de rentabilité » pour les deux premières productions, a résumé le directeur du Snia Stéphane Radet. Le syndicat demande des mesures d’urgence pour enrayer la décapitalisation, notamment du cheptel ruminant que la sécheresse pourrait faire perdurer ou accélérer. En volaille, l’érosion provient de l’influenza aviaire et des importations croissantes, qui font espérer un rebond à moyen terme.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Toutes filières confondues, la baisse atteint même 10 % en agriculture biologique, en raison des changements alimentaires liés à la crise covid et l’inflation. À ce sujet, le Snia attire l’attention sur le fait que certains États membres – mais pas la France – ont demandé des dérogations à l’obligation faite par le nouveau Règlement européen depuis fin 2021 d’avoir 100 % d’aliments bio dans les élevages certifiés. Les fabricants craignent une distorsion de concurrence.

Pour rebondir, les professionnels demandent aux pouvoirs publics de créer les conditions d’un réinvestissement des infrastructures, pour permettre notamment la relocalisation de certaines productions, comme les vitamines et les oligo-éléments. Depuis quelques décennies, elles sont assurées par l’Asie.

La baisse atteint 10 % en agriculture biologique