Abonné

Entreprises Alimentation animale : la nouvelle ère de la restructuration du secteur

- - 4 min

Les producteurs d’aliments du bétail Evialis et Ucalpi ont signé un accord, le 26 octobre 2009, afin de regrouper leurs usines et leurs productions industrielles volailles et porc au sein d’une même société. Un accord qui renforce le rapprochement déjà amorcé en octobre 2007, lorsque le groupe coopératif InVivo, déjà propriétaire de la firme service INZO avait racheté Evialis. Portrait de la nouvelle restructuration du secteur de l’alimentation animale.

«Depuis quelques mois, on assiste à une nouvelle étape dans la restructuration du secteur de l’alimentation animale. Elle est plus visible qu’auparavant car elle concerne désormais des groupes de plus grande ampleur », constate Stéphane Radet, directeur du SNIA (Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale). La concentration se traduisait depuis 2000 par un rachat de petites entités ou bien le regroupement d’usines au sein d’entreprises. Aujourd’hui, la restructuration se poursuit. Mais à plus grande échelle. La concentration des trois groupes coopératifs Terrena, Unicopa et Coopagri Bretagne ayant rapproché leur activité de fabrication d’aliments pour animaux en juin dernier en est la preuve. « Il y a une constitution de groupes coopératifs avec des filiales de production et des politiques d’achats centralisées. Le regroupement à cette échelle vise à peser un peu plus sur l’achat de matières premières, à améliorer la logistique en spécialisant les usines par filière et à optimiser le transport des livraisons entre les éleveurs et les usines », explique Michel Dochez, à Coop de France Nutrition animale. Mais la restructuration va plus loin puisqu’elle regroupe même dans certains cas des usines d’alimentation de bétail et des firmes-services au sein d’un même groupe. C’est notamment le cas d’InVivo, groupe coopératif regroupant la firme service INZO et le fabricant d’aliments de bétail Evialis.

Adaptation du secteur à son environnement
Mais comment expliquer ce virage récent ? « Il s’agit d’une adaptation du secteur à l’évolution de son environnement », analyse Stéphane Radet. Car l’industrie de l’alimentation animale connaît elle aussi une baisse d’activité (-1,5% par an depuis 2001), tout comme le secteur de l’élevage. En effet, la production globale d’aliments composés a baissé de 7,2 % depuis le début de l’année*. Avec des disparités selon les secteurs : celui des aliments bovins étant le plus touché
(-12,2%), viennent ensuite celui du porc (-7%) et des volailles (-4,9%).
La baisse de la production d’aliments composés au premier semestre est donc bien globale. Pourtant la réduction de 12,2% dans le secteur des aliments pour bovins convient d’être relativisée. Elle correspond davantage à un retour à la normale, après la campagne 2007-2008 où la production était très élevée. « Ce qui est le plus inquiétant, c’est la baisse dans les secteurs des aliments de porcs et volailles », note Michel Dochez. « Il y a une augmentation de la fabrication des aliments produits à la ferme, 30% pour l’alimentation des porcs, car ce sont des aliments faciles à fabriquer », explique-t-il. À cela, s’ajoute des phénomènes structurels comme la diminution du nombre de truies, plus fécondes en raison des résultats zootechniques performants, et d’une diminution de la consommation des animaux pour une même quantité de viande de porc en raison de l’amélioration des conditions sanitaires. Une baisse d’activité pour l’industrie de la nutrition animale liée principalement à la crise qui touche le secteur du porc. Un constat que le président du Snia, Adolphe Thomas, avait résumé de la façon suivante le 28 mai 2009 lors de l’assemblée générale du syndicat : « Une profession dont les clients ne vont pas bien ne peut pas aller bien. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.