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Alimentation animale : le chlorure de choline de Chine définitivement sanctionné

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Bruxelles a mis en place des droits antidumping définitifs sur les importations de chlorure de choline de Chine. Une décision saluée alors qu’une étude de la filière met en avant la dépendance de l’UE en vitamines et en acides aminés des pays tiers, principalement de la Chine.

Après la lysine et en attendant la valine, la Commission européenne a finalement institué, le 19 décembre, des mesures antidumping définitives sur les importations de chlorure de choline (vitamine B4) en provenance de Chine. Ces sanctions sont le résultat d’une enquête de 14 mois qui a mis en évidence des pratiques commerciales déloyales concernant ce produit qui est un nutriment essentiel pour la croissance, le développement et la bonne santé de nombreuses espèces animales, principalement dans les secteurs de la volaille et de la viande.

Lire aussi : Alimentation animale : un droit antidumping provisoire de l’UE sur le chlorure de choline chinois

Dans le détail, Bruxelles met en place, pour une durée renouvelable de cinq ans, des taux de droit antidumping définitifs pouvant aller de 90 % à 115,9 % en fonction des entreprises chinoises, applicables au prix net franco frontière de l’UE, avant dédouanement. « L’imposition de ces droits contribuera à rétablir des conditions de concurrence équitables sur le marché de l’UE entre le chlorure de choline importé de Chine et le produit fabriqué sur le marché intérieur », précise l’exécutif européen. Ces droits définitifs sont toutefois inférieurs à ceux imposés de manière provisoire.

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Dépendance chinoise

Une sanction saluée par Eastman et Belchem, producteurs de chlorure de choline dans l’UE, dans un communiqué du 22 décembre alors que le marché européen s’élève à 84 millions d’euros et que l’industrie emploie entre 160 et 175 personnes. « L’UE ne peut se permettre de laisser des importations chinoises, issues de pratiques commerciales déloyales, rendre ses industries agroalimentaires entièrement dépendantes des fournisseurs chinois », soulignent ces entreprises. Ce soulagement intervient alors qu’une étude des fabricants européens d’aliments pour animaux (FEFAC), publiée le 19 décembre, alerte sur la forte dépendance de l’UE vis-à-vis des pays tiers, et notamment de la Chine, pour l’approvisionnement en vitamines et en acides aminés destinés à l’alimentation animale.

Selon les données de la FEFAC, près de 80 % des vitamines sont produites en Chine contre seulement 8 % dans l’UE. En outre, l’UE ne produit pas certaines vitamines (B9, C et K3), ni l’acide aminé thréonine. Elle est également entièrement dépendante de la Chine pour la vitamine B9, à 96 % pour la biotine (vitamine H), et ne couvre que 6 % de ses besoins en lysine. Au total, les auteurs de l’étude avancent que la Chine représente 60 à 70 % de la valeur totale des vitamines importées par l’UE et 70 à 80 % des acides aminés. Et d’ajouter qu’en cas de rupture d’approvisionnement, l’UE pourrait rencontrer des difficultés car elle dispose de stocks internes limités. Pour faire face à cette situation, la FEFAC appelle à une « stratégie industrielle forte » visant améliorer la compétitivité de la filière européenne.