Les fabricants d’aliments ont vu les tonnages baisser de 3,7 % en 2016, soit l’équivalent de la production de 11 usines moyennes ! Quatre fermetures d’usines sont prévues pour 2017.
À l’occasion de l’assemblée générale du Snia (fabricants d’aliments privés), le 19 mai à Arras, son président François Cholat, a rapporté, sans vouloir « s’appesantir », de « tristes records » pour son secteur en 2016. Confrontés à des baisses d’activités dans plusieurs grandes filières d’élevage, les fabricants déplorent une baisse de 3,7 % des tonnages sur 2016, plus de 800 000 tonnes, soit l’équivalent de la production de onze usines. La filière connaît une baisse régulière de ses volumes depuis dix ans, autour de 1 % par an en moyenne.
En 2016, tous les feux étaient « au rouge », estime François Cholat. Les baisses les plus significatives ont été observées en bovins (-4,7 %), secteur dans lequel il estime que les éleveurs étaient non seulement mal préparés à la crise laitière mais aussi « mal conseillés », et notamment en proie à de la sur-mécanisation.
De petites usines vont fermer
Cette chute de volumes n’a pas encore engendré de fermeture d’usine en 2016, mais quatre fermetures sont déjà annoncées pour 2017, plutôt de petites usines, situées dans le Nord, le Massif Central et en Bretagne, rapporte François Chollat en marge de l’assemblée nationale.
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Le président du Snia est toutefois confiant pour l’année 2017. Il s’attend à un rebond sur les filières porcine et bovine. Il est plus inquiet sur le risque influenza aviaire qui pèsera de nouveau sur la filière avicole à partir de l’automne. C’est aussi l’avis de représentants de la filière volaille présents à l’assemblée. Ils estiment que le risque est très élevé d’être confronté à un nouvel épisode de grippe aviaire cet hiver, le troisième d’affilée.
Le rachat de Duc par le Hollandais Plukon est également une source d’inquiétude pour les fabricants d’aliments français. L’installation en France de groupes agroalimentaires étrangers fait craindre l’installation de liens privilégiés avec des fabricants d’aliments de leurs pays respectifs. Ce qui n’est pas encore le cas, nuance-t-on.
Rémi Haquin (FranceAgrimer) alerte le Snia sur les néonicotinoïdes
Le président du conseil céréales de FranceAgrimer, Rémi Haquin, est intervenu à la fin de l’assemblée générale du Snia pour alerter ses participants sur les conséquences d’une interdiction des néonicotinoïdes en France : « Le débat actuel sur les néonicotinoïdes nous inquiète », a-t-il lancé. « Si nous n’avons pas ensemble une réflexion forte, nous aurons des problèmes de compétitivité », évoquant des conséquences sur les rendements ou la sécurité sanitaire des céréales.