L'industrie française de l'alimentation animale prévoit à nouveau une baisse de production pour 2014. Le secteur lorgne sur les marchés des pays asiatiques en forte hausse (+30% en 2013).
ALAIN Guillaume, président du Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale (Snia) l'affirme : « -0,3%, ce n'est pas très réjouissant », à propos de la production française d'aliments composés, à nouveau en baisse en 2013. Les années se suivent et se ressemblent pour le Snia, dont l'assemblée générale se tenait le 23 mai à Paris. Les industriels prévoient « un léger repli » de la production nationale en 2014, poursuivant ainsi une tendance observée depuis une dizaine d'années (-9,8% des tonnages en douze ans), pour atteindre 21 millions de tonnes aujourd'hui, contre 23,4 millions en 2001. « Le redressement de nos volumes, si essentiel pour la rentabilité de nos entreprises, suivra celui de l'élevage, même s'il n'est pas encore pour demain », conclut Alain Guillaume.
De fortes disparitésCette baisse globale cache cependant des disparités. Du côté des filières en repli, on trouve la filière porcine dont les besoins en aliments ont baissé de 200 000 tonnes en 2013, soit une légère baisse de 0,3%. La chute est plus brutale pour la plus petite filière dindes qui chute de 12% (-176 000 tonnes). À rebours, la filière œufs a vu sa consommation d'aliments augmenter de 8,4%, après la mise aux normes poules pondeuses du 1er janvier 2012. Dans l'ensemble, la filière volailles gonfle légèrement ses besoins de 0,3%.
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Après une décennie de concentration, la restructuration du secteur se stabilise depuis 2008. Le tonnage moyen par entreprise est stable entre 2012 et 2013 (environ 111 000 t), suivant la courbe de la production nationale (-0,3%). Mais « les fabricants d'aliments sont relativement pessimistes quant à leur avenir », concluait FranceAgriMer dans une étude, parue le 22 avril, intitulée Compétitivité du maillon nutrition animale vue par ses acteurs et ses interlocuteurs. Ils anticipent en majorité une reprise de la restructuration du secteur, qu'ils estiment nécessaire.
Du lobbying en ChineEn hausse de 30% en 2013, la consommation d'aliments du bétail de l'Asie a atteint 348 millions de tonnes. Pour l'heure, ces marchés sont hors de portée des fabricants français, notamment la Chine, où les Français n'ont pas encore d'agrément d'exportation, a expliqué Thomas Pavie, conseiller agricole à l'ambassade de France en Chine. Il a organisé ces derniers mois plusieurs rencontres avec les professionnels chinois de l'alimentation animale, la China Feed Industry Association (CFIA). Les Français ont encore du travail pour accéder à l'Empire du Milieu. Dans le secteur de l'alimentation animale, l'administration chinoise délivre les agréments au compte-goutte. Au maximum quatre dossiers sont accordés chaque année à l'ensemble des pays, à raison d'un produit par dossier. Mieux vaut être en haut de la pile, a expliqué Thomas Pavie, qui recommande d'intensifier le lobbying auprès des acteurs économiques chinois : « Aujourd'hui l'amorce est faite. Il nous faut une stratégie collective. Le niveau de relation politique et de coopération technique est important ».