Les apports en protéines sont suffisants en France, y compris chez les personnes âgées, révèle une étude publiée dans la revue scientifique The Journal of Nutrition le 18 mai. « En France, l’inadéquation de l’apport protéique est extrêmement faible, toujours inférieure à 2 % dans la population générale. Même chez les personnes âgées, en appliquant un seuil de besoin plus élevé, ce taux reste inférieur à 5 % », souligne François Mariotti, professeur de nutrition à AgroParisTech, dans un post LinkedIn. L’étude s’appuie sur les données de l’enquête alimentaire française INCA3, menée entre 2014 et 2015 auprès de 5 800 enfants et adultes représentatifs de la population française. Afin d’estimer les apports nutritionnels habituels, c’est-à-dire les consommations moyennes à long terme, les chercheurs ont comparé plusieurs modèles statistiques et montré que les modèles à effets aléatoires croisés et imbriqués permettent de mieux prendre en compte les variations alimentaires quotidiennes et d’estimer plus finement la prévalence des carences au sein de la population. Pour la plupart des nutriments, notamment les protéines et le calcium, l’observation des seules données brutes tend en effet à surestimer le risque de carence, car elle ne tient pas en compte ces importantes variations alimentaires d’une journée à l’autre. « Nos résultats soulignent la nécessité d’une modélisation statistique rigoureuse dans la recherche sur l’évaluation des apports alimentaires », concluent les auteurs de l’étude. Plus largement, ils rappellent que l’estimation des apports habituels constitue un élément clef pour « évaluer les risques nutritionnels, orienter les stratégies de santé publique et éclairer les décisions des pouvoirs publics ».
JJ