Une mission d’information sur les effets des aliments ultra-transformés (AUT) sur le climat, la biodiversité et la pollution a été lancée le 24 juin à l’Assemblée nationale, ont rapporté nos confrères du Monde. Les AUT désignent des produits ayant subi de multiples étapes de transformation industrielle et contenant des ingrédients ou additifs utilisés spécifiquement par l’industrie agroalimentaire. Si leurs conséquences sanitaires délétères font désormais l’objet d’une abondante littérature scientifique, leurs effets sur l’environnement sont moins connus. Dans sa note d’intention, le député Antoine Vermorel-Marques (LR, Loire), co-rapporteur de la mission avec Loïc Prud’homme (apparenté LFI, Gironde), relève que « les AUT demeurent un angle mort des politiques publiques environnementales », alors que de premières études quantitatives laissent entrevoir « un tableau préoccupant ». L’objectif de la mission sera donc de déterminer si, en raison des ingrédients utilisés et des procédés de production, ces produits engendrent un surplus d’émissions de carbone, d’effets sur la biodiversité et de pollution plastique.
Loïc Prud’homme, qui avait présidé en 2018 une commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle, souligne que cette catégorie d’aliments « nous fait surconsommer des calories qui pourraient être économisées » et requiert des ingrédients « hypercalibrés », comme l’amidon de maïs, qui reposent sur des systèmes de production très intensifs. La question des AUT fait l’objet de plusieurs initiatives parlementaires, dont au moins deux propositions de loi, portées respectivement par Yannick Neuder (LR, Isère) et Loïc Prud’homme, qui visent à encadrer leur publicité et leur vente.
JJ